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Gounod, Charles · opera

Mireille

Mireille Gounod, Charles · opera
Gounod, Charles

Mireille

Full Libretto
Source
ACTE I
SCÈNE I
CHOEURS DES JEUNES FILLES ARLÉSIENNES
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
.
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
Commekɔm
lesle
vertesvɛʁt
sauterellessotʁɛl
,
Auo
soleilsɔlɛj
,
dansdɑ̃
l'herbe
desde
champsʃɑ̃
.
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
Fillettesfijɛt
rieusesʁijøz
Ete
laborieuseslabɔʁjøz
,
Unœ̃
rayonʁɛjɔ̃
d'été
Nousnu
met
enɑ̃
gaîtégɛte
!
Nousnu
sommessɔm
pareillespa.ʁɛj
Auxo
blondesblɔ̃
abeillesabɛj
,
Dontdɔ̃
l'essaim
légerleʒe
Sursyʁ
lesle
fleursflœʁ
vermeillesvɛʁ.mɛj
Aimeɛm
à
voltigervɔltiʒe
!
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
Commekɔm
lesle
vertesvɛʁt
sauterellessotʁɛl
,
Auo
soleilsɔlɛj
,
dansdɑ̃
l'herbe
desde
champsʃɑ̃
,
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
Elles remplissent leurs corbeilles de feuilles de mûriers.
Entre Taven la sorcière.
SCÈNE 2
s'arrêtant au fond, appuyée sur son bâton
TAVEN
Ecoutez-les
chanterʃɑ̃te
ete
rireʁiʁ
,
Ces
fillettesfijɛt
auo
cœurkœʁ
joyeuxʒwajø
!
Ellesɛl
ne
saventsav
paspa
qu'un
charmeʃaʁm
lesle
attireatiʁ
Auo
piègepjɛʒ
dudy
chasseurʃasœʁ
,
commekɔm
l'oiseau
desde
cieuxsjø
;
Ete
qu'un
jourʒuʁ
vientvjɛ̃
u
l'on
soupiresupiʁ
Avecavɛk
desde
larmeslaʁm
dansdɑ̃
lesle
yeux
!
Ecoutez-les
chanterʃɑ̃te
ete
rireʁiʁ
,
Ces
fillettesfijɛt
auo
cœurkœʁ
joyeuxʒwajø
!
CLÉMENCEklemɑ̃s
ete
LESle
JEUNESʒœn
FILLESfij
riant
TAVEN
C'est
Taven
lala
sorcièresɔʁsjɛʁ
Avecavɛk
sonsɔ̃
aiguillonegɥijɔ̃
,
Ete
sonsɔ̃
vieuxvjø
cotillonkɔtijɔ̃
,
Plusply
grisgʁi
que
lala
poussièrepusjɛʁ
!
C'est
Taven
lala
sorcièresɔʁsjɛʁ
Avecavɛk
sonsɔ̃
aiguillonegɥijɔ̃
!
Dansdɑ̃
notrenɔtʁ
humbleœ̃bl
sillonsijɔ̃
Elleɛl
a
jetéʒəte
sasa
pierrepjɛʁ
!
C'est
Taven
lala
sorcièresɔʁsjɛʁ
Avecavɛk
sonsɔ̃
aiguillonegɥijɔ̃
!
Qu'il
viennevjɛn
,
le
chasseurʃasœʁ
!,.,
nousnu
rionsʁijɔ̃
de
sonsɔ̃
piègepjɛʒ
Le
vertvɛʁ
printempspʁɛ̃tɑ̃
ne
craintkʁɛ̃
nini
le
froidfʁwa
nini
lala
neigenɛʒ
!
L'oiseau
maîtremɛtʁ
de
l'air
échappeeʃap
auxo
oiseleurswazlœʁ
!
Nosno
chansonsʃɑ̃sɔ̃
ferontfɛʁɔ̃
fuirfɥiʁ
lesle
soucissusi
ete
lesle
pleursplœʁ
!
Taven va s'asseoir à l'écart, hochant la tête d'un air de doute.
CLÉMENCE
Moimwa
,
sisi
parpaʁ
aventureavɑ̃tyʁ
,
Quelquekɛlkə
princepʁɛ̃s
amoureuxamuʁø
venaitvənɛ
m'offrir
sasa
mainmɛ̃
,
Jeuneʒœn
,
galantgalɑ̃
,
bienbjɛ̃
fait
ete
de
noblenɔbl
staturestatyʁ
,
Jeʒə
me
feraisfəʁɛ
conduirekɔ̃dɥiʁ
auo
palaispalɛ
,
dès
demaindəmɛ̃
!
Impératriceɛ̃peʁatʁis
ete
souverainesuvʁɛn
,
Avecavɛk
unœ̃
longlɔ̃
manteaumɑ̃to
,
quiki
traînetʁɛn
,
Doubléduble
d'hermine
ete
brodébʁɔde
d'or
,
Parmipaʁmi
vousvu
,
j'en
risʁi
à
l'avance
,
Jeʒə
reviendraisʁəvjɛ̃dʁɛ
pourpuʁ
voirvwaʁ
encorɑ̃.kɔʁ
,
Monmɔ̃
payspei
de
Provencepʁɔvɑ̃s
!
Mireille entre en scène, une corbeille à la main.
Elle s'avance en souriant au milieu du groupe des jeunes filles
SCÈNE 3
MIREILLE
Ete
moimwa
,
sisi
,
parpaʁ
hasardʼazaʁ
,
quelquekɛlkə
jeuneʒœn
garçongaʁsɔ̃
,
Me
disaitdizɛ
doucementdusmɑ̃
:
Mireillemi.ʁɛj
,
jeʒə
vousvu
aimeɛm
!
Fût-il
pauvrepovʁ
ete
timidetimid
ete
honteuxʼɔ̃tø
de
lui-mêmelɥimɛm
,
J'écouterais
monmɔ̃
cœurkœʁ
plutôtplyto
que
mama
raisonʁɛzɔ̃
;
Ete
sanssɑ̃
soucisusi
desde
riresʁiʁ
nini
dudy
blâmeblam
,
Commekɔm
dansdɑ̃
uneyn
eauo
claireklɛʁ
ayantajɑ̃
luly
dansdɑ̃
sonsɔ̃
âmeam
,
Jeʒə
luilɥi
tendraistɑ̃dʁɛ
lala
mainmɛ̃
ete
jeʒə
seraissəʁɛ
sasa
femmefam
.
riant
LES JEUNES FILLES
Quiki
doncdɔ̃k
parlepaʁl
ainsiɛ̃si
?
Est-ce
toitwa
,
Mireillemi.ʁɛj
?
VIOLAINE
Vitevit
,
ouvrezuvʁe
l'oreille
!
Écoutezekute
cecisəsi
:
Lala
bellebɛl
euty
envieɑ̃vi
D'un
joliʒɔli
panierpanje
...
AZALAÏS
Enɑ̃
adroitadʁwa
vanniervanje
Vincentvɛ̃.sɑ̃
l'a
serviesɛʁvi
...
NORADE
Ete
voyezvwaje
unœ̃
peu
Commekɔm
touttu
s'arrange
ilil
euty
enɑ̃
échangeeʃɑ̃ʒ
,
Unœ̃
baiserbɛze
d'adieu
!
se levant et s'approchant de Mireille
TAVEN
Silencesilɑ̃s
!
vousvu
mentezmɑ̃te
!
Mireillemi.ʁɛj
estɛst
lala
plusply
sagesaʒ
!
MIREILLE
Vincentvɛ̃.sɑ̃
pourpuʁ
sonsɔ̃
cadeaukado
n'eut
qu'un
remerciementʁəmɛʁsimɑ̃
;
Mais
de
bonbɔ̃
cœurkœʁ
,
jeʒə
le
disdi
,
franchementfʁɑ̃ʃmɑ̃
,
J'aurais
vouluvuly
luilɥi
donnerdɔne
davantagedavɑ̃taʒ
!
avec un rire moqueur
LES JEUNES FILLES
Quiki
de
nousnu
choisiraitʃwaziʁɛ
unœ̃
vanniervanje
pourpuʁ
amantamɑ̃
!
Elles reprennent leurs paniers et se dispersent sous les arbres.
LES JEUNES FILLES
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
Commekɔm
lesle
vertesvɛʁt
sauterellessotʁɛl
,
Auo
soleilsɔlɛj
,
dansdɑ̃
l'herbe
desde
champsʃɑ̃
.
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
MIREILLE
Le
cielsjɛl
rayonneʁɛjɔn
,
l'oiseau
chanteʃɑ̃t
!
Aujourd'hui
,
rienʁjɛ̃
ne
peut
m'attrister
!
O
légèreleʒɛʁ
hirondelleiʁɔ̃dɛl
,
Messagèremesaʒɛʁ
fidèlefidɛl
Versvɛʁ
monmɔ̃
amiami
Volevɔl
gaîmentgemɑ̃
Ete
conte-lui
Monmɔ̃
douxdu
tourmenttuʁmɑ̃
,
Parle-lui
,
pourpuʁ
moi-mêmemwamɛm
,
Ete
dis-lui
que
jeʒə
l'aime
!
Vincentvɛ̃.sɑ̃
peut
croirekʁwaʁ
à
monmɔ̃
sermentsɛʁmɑ̃
!
Volevɔl
,
volevɔl
gaîmentgemɑ̃
!
aha
!
O
légèreleʒɛʁ
hirondelleiʁɔ̃dɛl
,
Messagèremesaʒɛʁ
fidèlefidɛl
Versvɛʁ
monmɔ̃
amiami
Volevɔl
gaîmentgemɑ̃
Volevɔl
,
volevɔl
gaîmentgemɑ̃
!
aha
!
SCÈNE 4
TAVEN
C'est
doncdɔ̃k
vraivʁɛ
?...
Conte-moi
tontɔ̃
secretsəkʁɛ
à
l'oreille
,
C'est
doncdɔ̃k
vraivʁɛ
que
Vincentvɛ̃.sɑ̃
estɛst
aiméɛme
de
Mireillemi.ʁɛj
?
Parlepaʁl
sanssɑ̃
craintekʁɛ̃t
,
allonsalɔ̃
,
parlepaʁl
!
Tuty
l'aimes
?
MIREILLE
Ouiwi
!
tristement
TAVEN
Richesseʁiʃɛs
ete
pauvretépovʁəte
s'accordent
malmal
ensembleɑ̃sɑ̃bl
!
Jeʒə
lislis
dansdɑ̃
l'avenir
,
ô
Mireillemi.ʁɛj
!
...
Ete
jeʒə
trembletʁɑ̃bl
!
Écouteekut
Sisi
jamaisʒamɛ
tontɔ̃
courkuʁ
navrénavʁe
d'ennui
S'alarme
d'un
malheurmalœʁ
pourpuʁ
toi-mêmetwamɛm
ouu
pourpuʁ
luilɥi
Souviens-toisu.v(ə).niʁ
de
Taven
!
Comptekɔ̃t
sursyʁ
moimwa
,
mignonnemiɲɔn
,
Ete
viensvjɛ̃
là-baslaba
me
consulterkɔ̃sylte
.
Elle s'éloigne à pas lents.
SCÈNE 5
gaiement
MIREILLE
Adieuadjø
,
bonnebɔn
Taven
!
Adieuadjø
le
cielsjɛl
rayonneʁɛjɔn
!
L'oiseau
chanteʃɑ̃t
!
Aujourd'hui
rienʁjɛ̃
ne
peut
m'attrister
!
Apercevant Vincent qui passe au fond, sous les arbres.
MIREILLE
C'est
toitwa
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
VINCENT
Mireillemi.ʁɛj
!
Il fait quelques pas pour s'éloigner
MIREILLE
u
doncdɔ̃k
vas-tu
sisi
vitevit
?
VINCENT
A
courirkuʁiʁ
parpaʁ
lesle
préspʁe
le
beaubo
tempstɑ̃
nousnu
inviteɛ̃vit
.
MIREILLE
Ne
peux-tu
t'arrêter
unœ̃
momentmɔmɑ̃
pourpuʁ
causerkoze
?
S'asseyant sur un banc de gazon.
MIREILLE
Jeʒə
suissɥi
lasselas
ete
jeʒə
veux
iciisi
me
reposerʁəpoze
.
s'àpprochant de de Mireille
VINCENT
Aha
!
sisi
jeʒə
suivaissɥivɛ
monmɔ̃
envieɑ̃vi
,
Mireillemi.ʁɛj
,
à
vosvo
côtéskote
jeʒə
passeraispasəʁɛ
mama
vievi
!
Là-baslaba
,
dansdɑ̃
notrenɔtʁ
humbleœ̃bl
maisonmɛzɔ̃
,
Jeʒə
suissɥi
seulsœl
enɑ̃
toutetut
saisonsɛzɔ̃
Avecavɛk
mama
sœursœʁ
ete
monmɔ̃
vieuxvjø
pèrepɛʁ
.
Le
vieuxvjø
vanniervanje
ne
parlepaʁl
guèregɛʁ
,
Mama
sour
travailletʁavaj
ete
chanteʃɑ̃t
ete
j'écoute
enɑ̃
rêvantʁɛvɑ̃
.
MIREILLE
Tata
sœursœʁ
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
...
jamaisʒamɛ
tuty
ne
m'as
parlépaʁle
d'elle
,
Commentkɔmɑ̃
lala
nomme-t-on
?
est-elle
jeuneʒœn
ete
bellebɛl
?
VINCENT
Vincenette
a
votrevɔtʁ
âge
ete
vousvu
luilɥi
ressemblezʁəsɑ̃ble
.
Mais
commekɔm
l'humble
fleurflœʁ
desde
blésble
Estɛst
sœursœʁ
de
lala
roseʁoz
vermeillevɛʁ.mɛj
,
Vincenette
estɛst
sœursœʁ
de
Mireillemi.ʁɛj
!
Devantdəvɑ̃
lesle
garçonsgaʁsɔ̃
assemblésasɑ̃ble
Sisi
vousvu
paraissiezpaʁɛsje
auprèsopʁɛ
d'elle
,
C'est
vousvu
quiki
seriezsəʁje
lala
plusply
bellebɛl
!
un peu confuse
MIREILLE
Oho
!
ce
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
Commekɔm
ilil
sait
gentimentʒɑ̃timɑ̃
touttu
dirediʁ
!
Sonsɔ̃
parlerpaʁle
estɛst
sisi
caressantkaʁɛsɑ̃
Qu'on
ne
peut
s'empêcher
d'en
rireʁiʁ
!
Oho
!
ce
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
VINCENT
Commekɔm
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
Chacunʃakœ̃
iciisi
peut
vousvu
le
dirediʁ
!
D'un
regardʁəgaʁ
tendretɑ̃dʁ
ete
caressantkaʁɛsɑ̃
Chacunʃakœ̃
vousvu
suitsɥi
ete
vousvu
admireadmiʁ
,
Commekɔm
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
MIREILLE
Ainsiɛ̃si
tata
sœursœʁ
estɛst
bellebɛl
fillefij
,
Ete
plusply
qu'elle
pourtantpuʁtɑ̃
tuty
me
trouvestʁuv
gentilleʒɑ̃tij
!
VINCENT
Ouiwi
,
certessɛʁt
,
ete
de
beaucoupboku
!
MIREILLE
Pourquoipuʁkwa
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
?...
Qu'ai-je
de
plusply
,
pourpuʁ
toitwa
?
VINCENT
De
plusply
!
Ete
qu'a
l'oiseau
de
Dieudjø
quiki
volevɔl
ete
fendfɑ̃
l'espace
De
plusply
que
le
grillongʁijɔ̃
Cachékaʃe
dansdɑ̃
le
sillonsijɔ̃
,
Sinonsinɔ̃
lala
beautébote
mêmemɛm
,
ete
le
chantʃɑ̃
ete
lala
grâcegʁas
!
De
mesme
ennuisɑ̃nɥi
,
parpaʁ
unœ̃
refrainʁəfʁɛ̃
moqueurmɔkœʁ
,
Vincenette
parfoispaʁfwa
enɑ̃
riantʁijɑ̃
me
consolekɔ̃sɔl
;
Mais
de
vousvu
lala
moindremwɛ̃dʁ
parolepaʁɔl
Enchanteɑ̃ʃɑ̃t
monmɔ̃
oreilleɔʁɛj
ete
réjouitʁeʒwi
monmɔ̃
cœurkœʁ
!
MIREILLE
Oho
!
ce
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Commekɔm
ilil
sait
gentimentʒɑ̃timɑ̃
touttu
dirediʁ
!
Sonsɔ̃
parlerpaʁle
estɛst
sisi
caressantkaʁɛsɑ̃
Qu'on
ne
peut
s'empêcher
d'en
rireʁiʁ
!
Oho
!
ce
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
l'attirant dans ses bras avec amour
VINCENT
Commekɔm
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
Chacunʃakœ̃
iciisi
peut
vousvu
le
dirediʁ
D'un
regardʁəgaʁ
tendretɑ̃dʁ
ete
caressantkaʁɛsɑ̃
,
Chacunʃakœ̃
vousvu
suitsɥi
ete
vousvu
admireadmiʁ
,
Commekɔm
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
MIREILLE
Mais
le
tempstɑ̃
passepas
...
Ete
j'oublie
à
t'entendre
Que
lesle
autresotʁ
sontsɔ̃
à
m'attendre
.
Adieuadjø
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Adieuadjø
,
gentilʒɑ̃ti
vanniervanje
;
Viensvjɛ̃
m'aider
à
poserpoze
sursyʁ
monmɔ̃
frontfʁɔ̃
monmɔ̃
panierpanje
.
dans la coulisse
LE CHŒUR
Mireillemi.ʁɛj
!
se dégageant de l'étreinte amoureuse de Vincent
MIREILLE
Onɔ̃
me
chercheʃɛʁʃ
!
Onɔ̃
m'appelle
!
Vitevit
séparons-nous
!…
effleurant son front d'un baiser
VINCENT
Adieuadjø
,
Mireillemi.ʁɛj
!
Adieuadjø
!...
pâle et chancelante sous le baiser de Vincent
MIREILLE
Écouteekut
ete
souviens-toisu.v(ə).niʁ
!
Soussu
le
regardʁəgaʁ
de
Dieudjø
,
Devantdəvɑ̃
le
seuilsœj
bénibeni
de
l'antique
chapelleʃapɛl
,
Jeʒə
te
donnedɔn
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
unœ̃
pieuxpjø
rendez-vousʁɑ̃devu
!
Sisi
jamaisʒamɛ
le
malheurmalœʁ
vientvjɛ̃
frapperfʁape
l'un
de
nousnu
Auxo
Saintessɛ̃t
toustu
lesle
deux
!
Auxo
Saintessɛ̃t
à
genouxʒənu
!
VINCENT
Ouiwi
,
adieuadjø
,
adieuadjø
!
MIREILLE
Adieuadjø
!
Ils se séparent
dans la coulisse
LE CHŒUR
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
Commekɔm
lesle
vertesvɛʁt
sauterellessotʁɛl
,
Auo
soleilsɔlɛj
,
dansdɑ̃
l'herbe
desde
champsʃɑ̃
.
Chantezʃɑ̃te
,
chantezʃɑ̃te
,
Magnanarellesma.ɲa.na.ʁɛl
,
Carkaʁ
lala
cueillettekœjɛt
aimeɛm
lesle
chantsʃɑ̃
!
ACTE II
Les Arènes d'Arles
SCÈNE 1
CHŒUR
Lala
Farandolefaʁɑ̃dɔl
joyeuseʒwajøz
ete
follefɔl
entraîneɑ̃tʁɛn
Auo
bruitbʁɥi
desde
chansonsʃɑ̃sɔ̃
lesle
fillesfij
ete
lesle
garçonsgaʁsɔ̃
!
Le
bonbɔ̃
muscatmyska
de
Baumebom
ete
le
férigoulet
Se
boiventbwav
à
lala
régaladeʁegalad
.
Le
rireʁiʁ
ete
lala
chansonʃɑ̃sɔ̃
,
amiami
dudy
gobeletgɔblɛ
,
Guérissentgeʁis
plusply
d'un
cœurkœʁ
malademalad
.
Lala
Farandolefaʁɑ̃dɔl
joyeuseʒwajøz
ete
follefɔl
entraîneɑ̃tʁɛn
Auo
bruitbʁɥi
desde
chansonsʃɑ̃sɔ̃
lesle
fillesfij
ete
lesle
garçonsgaʁsɔ̃
!
Quelleskɛl
clameursklamœʁ
!
Quellekɛl
joieʒwa
!
Touttu
s'ébaudit
ete
festoiefɛstwa
De
Nîmesnim
àTarascon
,
Ete
d'Arles
auo
payspei
gascongaskɔ̃
.
SCÈNE 2
Les mêmes. Mireille, et toute la bande des jeunes filles Arlésiennes.
LES JOUVENCEAUX
Amisami
,
voicivwasi
Mireillemi.ʁɛj
,
Lala
bellebɛl
sanssɑ̃
pareillepa.ʁɛj
.
bas, en riant entre elles
LES JEUNES FILLES
Ete
l'amoureux
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
quiki
l'attendait
là-baslaba
,
S'empresse
daccourir
au-devantodvɑ̃
de
sesse
paspa
!
Vincent accourt tout essoufflé. Il s'arrête à la vue de Mireille.
LES JEUNES FILLES
C'est
pourpuʁ
luilɥi
qu'elle
vientvjɛ̃
!
Ete
Vincentvɛ̃.sɑ̃
vientvjɛ̃
,
pourpuʁ
elleɛl
!
SCÈNE 3
LES JOUVENCEAUX
Bonjourbɔ̃ʒuʁ
,
lala
bellebɛl
!
avec une intention maligne
LE CHŒUR
Chantez-nous
à
vousvu
deux
quelquekɛlkə
chansonʃɑ̃sɔ̃
d'amour
.
VINCENT
Ehe
bienbjɛ̃
,
que
Mireillemi.ʁɛj
commencekɔmɑ̃s
!
MIREILLE
Puisquepɥiskə
Vincentvɛ̃.sɑ̃
le
veut
,
amisami
,
faitesfɛt
silencesilɑ̃s
,
Nousnu
allonsalɔ̃
chanterʃɑ̃te
,
tourtuʁ
à
tourtuʁ
!
Chanson de Magali
MIREILLE
Lala
brisebʁiz
estɛst
doucedus
ete
parfuméepaʁfyme
,
L'oiseau
s'endort
soussu
lala
raméeʁame
Auo
fondfɔ̃
dudy
boisbwa
silencieuxsilɑ̃sjø
!
Lala
nuitnɥi
sursyʁ
nousnu
étendetɑ̃
sonsɔ̃
voilevwal
;
Ete
dansdɑ̃
lesle
cieuxsjø
Jeʒə
voisvwa
uneyn
amoureuseamuʁøz
étoileetwal
Luirelɥiʁ
à
mesme
yeux
!
VINCENT
O
Magalima.ɡa.li
,
mama
bien-aiméebjɛ̃neme
,
Fuyonsfɥijɔ̃
toustu
deux
soussu
lala
raméeʁame
,
Auo
fondfɔ̃
dudy
boisbwa
silencieuxsilɑ̃sjø
!
Lala
nuitnɥi
sursyʁ
nousnu
étendetɑ̃
sesse
voilesvwal
Ete
teste
beauxbo
yeux
Vontvɔ̃
fairefɛʁ
pâlirpaliʁ
lesle
étoilesetwal
Auo
seinsɛ̃
desde
cieuxsjø
!
MIREILLE
Nonnɔ̃
,
nonnɔ̃
,
jeʒə
me
fais
hirondelleiʁɔ̃dɛl
,
Ete
jeʒə
m'envole
à
tire-d'aile
!
Tuty
peux
allerale
auo
boisbwa
seuletsœlɛ
.
VINCENT
Adieuadjø
doncdɔ̃k
!
fuisfɥi
à
perdrepɛʁdʁ
haleinealɛn
,
Pauvrepovʁ
oiseletwaz.lɛ
!
L'oiseleur
te
prendrapʁɑ̃dʁa
sanssɑ̃
peinepɛn
Enɑ̃
sonsɔ̃
filetfilɛ
.
MIREILLE
C'est
enɑ̃
vainvɛ̃
que
tuty
me
croiskʁwa
prisepʁiz
;
Jeʒə
suissɥi
nuagenɥaʒ
!
VINCENT
Ete
moimwa
,
lala
brisebʁiz
,
Jeʒə
t'emporte
dansdɑ̃
unœ̃
rayonʁɛjɔ̃
!
MIREILLE
Jeʒə
suissɥi
le
bluetblyɛ
quiki
sommeillesɔmɛj
Dansdɑ̃
le
sillonsijɔ̃
VINCENT
Pourpuʁ
t'avoir
,
jeʒə
me
fais
abeilleabɛj
Ouu
papillonpapijɔ̃
.
MIREILLE
Le
cloîtreklwatʁ
enfinɑ̃fɛ̃
m'ouvre
sesse
portespɔʁt
.
VINCENT
Jeʒə
suissɥi
le
misselmisɛl
que
tuety
portespɔʁt
C'est
moimwa
quiki
te
consoleraikɔ̃sɔləʁɛ
.
MIREILLE
Sisi
tuty
me
suissɥi
auo
monastèremɔnastɛʁ
,
la
jeʒə
mourraimuʁːɛ
!
VINCENT
Alorsalɔʁ
jeʒə
me
feraifɛʁɛ
lala
terretɛʁ
;
Ete
jeʒə
t'aurai
!
MIREILLE
Maintenantmɛ̃tnɑ̃
jeʒə
me
croiskʁwa
aiméeɛme
!
Fuyonsfɥijɔ̃
toustu
deux
soussu
lala
raméeʁame
,
Auo
fondfɔ̃
dudy
boisbwa
silencieuxsilɑ̃sjø
!
Lala
nuitnɥi
sursyʁ
nousnu
étendetɑ̃
sonsɔ̃
voilevwal
;
Ete
dansdɑ̃
lesle
cieuxsjø
Jeʒə
voisvwa
uneyn
amoureuseamuʁøz
étoileetwal
,
Luirelɥiʁ
à
mesme
yeux
!
VINCENT
Lala
nuitnɥi
sursyʁ
nousnu
étendetɑ̃
sonsɔ̃
voilevwal
;
Ete
dansdɑ̃
lesle
cieuxsjø
Jeʒə
voisvwa
uneyn
amoureuseamuʁøz
étoileetwal
,
Luirelɥiʁ
à
mesme
yeux
!
LESle
ARLÉSIENNESaʁ.le.zjɛn
ete
LESle
JOUVENCEAUXʒuvɑ̃so
Commekɔm
le
jourʒuʁ
auo
seinsɛ̃
desde
cieuxsjø
,
Commekɔm
uneyn
étoileetwal
,
Dansdɑ̃
l'air
sanssɑ̃
voilevwal
,
L'amour
rayonneʁɛjɔn
dansdɑ̃
leurslœʁ
yeux
!
Fanfares joyeuses.
Rires et cris confus au-dehors. Mireille et Vincent sont séparés par la foule qui envahit le théâtre.
DES ARLÉSIENS
Placeplas
,
placeplas
auxo
coureurskuʁœʁ
!
sursyʁ
l'arène
brûlantebʁylɑ̃t
Auo
signalsiɲal
ilil
vontvɔ̃
s'élancer
!
Landry
vava
disputerdispyte
le
prixpʁi
à
Lagalante
!
Qu'ils
se
donnentdɔn
lala
mainmɛ̃
ete
l'on
peut
commencerkɔmɑ̃se
!
Les coureurs se donnent solennellement la main. On entend un roulement de tambourins. À ce signal la foule se précipite vers les portes du cirque.
VOIX DIVERSES
C'est
le
signalsiɲal
!
couronskuʁɔ̃
!
vitevit
!
Ilil
fautfo
se
presserpʁese
!
Les coureurs s'élancent hors du cirque, suivis par toute la foule des curieux. Taven et Mireille se rencontrent au fond du théâtre.
SCÈNE 4
TAVEN
Ehe
bienbjɛ̃
!
Mireillemi.ʁɛj
,
tuty
ne
lesle
suissɥi
doncdɔ̃k
paspa
?
Elle s'assoit sur un escabeau et lui fait signe d'approcher.
TAVEN
Viensvjɛ̃
la
!
Jeʒə
veux
te
dirediʁ
uneyn
choseʃoz
touttu
basba
.
MIREILLE
Parlezpaʁle
,
bonnebɔn
Taven
!
Elle s'approche vivement de Taven.
TAVEN
Ouiwi
,
ouiwi
,
tuty
me
croiskʁwa
bonnebɔn
Parcepaʁs
que
j'ai
promispʁɔmi
monmɔ̃
aideɛd
à
teste
amoursamuʁ
!
souriant
MIREILLE
Peut-êtrepøtɛtʁ
bienbjɛ̃
!
Ditesdit
toujourstuʒuʁ
!
TAVEN
Voicivwasi
lala
saisonsɛzɔ̃
,
mignonnemiɲɔn
,
u
lesle
galantsgalɑ̃
fontfɔ̃
leurlœʁ
choixʃwa
!…
L'amour
volevɔl
ete
papillonnepapijɔn
Parpaʁ
lesle
préspʁe
ete
parpaʁ
lesle
boisbwa
!
Lesle
jouvenceauxʒuvɑ̃so
sontsɔ̃
enɑ̃
quêtekɛt
De
fillesfij
à
mariermaʁje
Lala
bellebɛl
fait
lala
coquettekɔkɛt
,
Le
pèrepɛʁ
se
fait
prierpʁije
,
Ete
plusply
d'un
anneauano
se
donnedɔn
,
Quiki
passepas
à
de
jolisʒɔli
doigtsdwa
!
Voicivwasi
lala
saisonsɛzɔ̃
,
mignonnemiɲɔn
,
u
lesle
galantsgalɑ̃
fontfɔ̃
leurlœʁ
choixʃwa
!
tristement
MIREILLE
Ouiwi
,
c'est
le
tempstɑ̃
desde
accordaillesa.kɔʁ.daj
!
Mais
pourquoipuʁkwa
parlerpaʁle
de
celasəla
?
TAVEN
Touttu
à
l'heure
,
enɑ̃
rôdantʁodɑ̃
parpaʁ
la
,
Le
longlɔ̃
de
ces
vieillesvjɛj
muraillesmyʁaj
,
J'ai
vuvy
troistʁwa
galantsgalɑ̃
dontdɔ̃
j'ai
riʁi
,
Se
conterkɔ̃te
leurslœʁ
amourv
rivalesʁival
,
Qurrias
le
dompteurdɔ̃tœʁ
de
taureauxtɔʁo
,
Alari
Le
bergerbɛʁʒe
ete
Pascoul
le
gardeurgaʁdœʁ
de
cavaleskaval
MIREILLE
Ehe
bienbjɛ̃
?
TAVEN
À
leurslœʁ
propospʁɔpo
,
s'il
fautfo
ajouteraʒute
foifwa
,
Cellesɛl
qu'ils
ontɔ̃
choisieʃwazi
ete
qu'ils
aimentɛm
c'est
toitwa
!
MIREILLE
Moimwa
!
TAVEN
Ouiwi
!…
Voilàvwala
lala
saisonsɛzɔ̃
,
mignonnemiɲɔn
,
u
lesle
galantsgalɑ̃
fontfɔ̃
leurlœʁ
choixʃwa
,
etc.
MIREILLE
Que
j'épouse
ete
que
j'aime
unœ̃
autreotʁ
que
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
Nonnɔ̃
!
Monmɔ̃
pèrepɛʁ
nini
Dieudjø
n'ont
üouvoir
de
le
fairefɛʁ
!
TAVEN
D'un
pèrepɛʁ
cependantsəpɑ̃dɑ̃
redouteʁədut
lala
colèrekɔlɛʁ
!
Prendspʁɑ̃
gardegaʁd
!
J'ai
vouluvuly
t'avertir
enɑ̃
passantpasɑ̃
.
Elle s'éloigne à pas lent et disparait en faisant un signe da la main à Mireille.
SCÈNE 5
MIREILLE
Trahirtʁaiʁ
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
vraimentvʁɛmɑ̃
ce
seraitsəʁɛ
êtreɛtʁ
follefɔl
!
Quandkɑ̃
passepas
le
bonheurbɔnœʁ
,
s'il
n'est
prispʁi
,
ilil
s'envole
.
Monmɔ̃
cœurkœʁ
ne
peut
changerʃɑ̃ʒe
!
Souviens-toisu.v(ə).niʁ
que
jeʒə
t'aime
!
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
ô
monmɔ̃
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
pourquoipuʁkwa
nousnu
affligerafliʒe
?
Tata
tristetʁist
solitudesɔlityd
ete
tata
pauvretépovʁəte
mêmemɛm
Avecavɛk
toitwa
,
pourpuʁ
toujourstuʒuʁ
,
jeʒə
veux
touttu
partagerpaʁtaʒe
!
Monmɔ̃
cœurkœʁ
ne
peut
changerʃɑ̃ʒe
!
Dansdɑ̃
tata
pauvrepovʁ
maisonmɛzɔ̃
jeʒə
suissɥi
prêtepʁɛt
à
te
suivresɥivʁ
!
À
tontɔ̃
foyerfwaje
désertdezɛʁ
jeʒə
suissɥi
prêtpʁɛ
à
m'asseoir
.
Cetsɛt
humbleœ̃bl
sonsɔ̃
m'enchante
ete
ce
rêveʁɛv
m'envire
!
Quiki
croitkʁwa
tentertɑ̃te
monmɔ̃
âmeam
emporteɑ̃pɔʁt
unœ̃
folfɔl
espoirɛspwaʁ
!…
Monmɔ̃
cœurkœʁ
ne
peut
changerʃɑ̃ʒe
!
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
ô
monmɔ̃
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
souviens-toisu.v(ə).niʁ
que
jeʒə
t'aime
!
Tata
tristetʁist
solitudesɔlityd
ete
tata
pauvretépovʁəte
mêmemɛm
Avecavɛk
toitwa
,
pourpuʁ
toujourstuʒuʁ
,
jeʒə
veux
touttu
partagerpaʁtaʒe
!
Monmɔ̃
cœurkœʁ
ne
peut
changerʃɑ̃ʒe
!
Nonnɔ̃
.
Jamaisʒamɛ
,
jamaisʒamɛ
,
Aha
!
À
toitwa
monmɔ̃
âmeam
,
jeʒə
suissɥi
tata
femmefam
.
Malgrémalgʁe
leurlœʁ
blâmeblam
,
Jeʒə
t'appartiens
.
Fièrefjɛʁ
ete
ravieʁavi
Enɑ̃
cettesɛt
vievi
,
Monmɔ̃
cœurkœʁ
n'envie
De
plusply
douxdu
biensbjɛ̃
.
Que
Dieudjø
m'entende
,
Mama
joieʒwa
estɛst
grandegʁɑ̃d
,
Sisi
dansdɑ̃
lala
landelɑ̃d
Jeʒə
suissɥi
teste
paspa
,
Ete
sisi
monmɔ̃
rêveʁɛv
Sursyʁ
l'humble
grèvegʁɛv
Unœ̃
jourʒuʁ
s'achève
Entreɑ̃tʁ
teste
brasbʁa
.
À
toitwa
monmɔ̃
âmeam
,
etc.
MIREILLE
Jeʒə
t'appartiens
,
ô
monmɔ̃
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Pourpuʁ
jamaisʒamɛ
,
jeʒə
t'appartiens
!
Ourrias parait au fond.
SCÈNE 6
MIREILLE
Ourrias
!
Elle fait quelques pas pour s'éloigner.
OURRIAS
Pourquoipuʁkwa
fuirfɥiʁ
sisi
vitevit
à
monmɔ̃
approcheapʁɔʃ
?
Vousvu
fais-je
peurpœʁ
,
lala
bellebɛl
?
ouu
bienbjɛ̃
,
sanssɑ̃
le
savoirsavwaʁ
,
Aurais-je
méritémeʁite
de
vousvu
quelquekɛlkə
reprocheʁəpʁɔʃ
?
MIREILLE
Aucunokœ̃
vraimentvʁɛmɑ̃
!
J'ai
plaisirpleziʁ
à
vousvu
voirvwaʁ
.
OURRIAS
Ete
moimwa
,
de
vousvu
charmerʃaʁme
,
que
n'ai-je
le
pouvoirpuvwaʁ
?
Sisi
lesle
fillesfij
d'Arles
sontsɔ̃
reinesʁɛn
Quandkɑ̃
le
plaisirpleziʁ
lesle
rassembleʁasɑ̃bl
auxo
arènesaʁɛn
Sisi
lesle
fillesfij
d'Arles
sontsɔ̃
reinesʁɛn
,
Lesle
bouviersbuvje
aussiosi
,
jeʒə
croiskʁwa
,
Dansdɑ̃
lala
landelɑ̃d
enɑ̃
feu
sontsɔ̃
roisʁwa
!
Ouiwi
là-baslaba
ilsil
sontsɔ̃
roisʁwa
!…
Ete
s'ils
veulentvøl
prendrepʁɑ̃dʁ
femmefam
,
Lala
plusply
fièrefjɛʁ
,
auo
fondfɔ̃
de
l'âme
,
Se
soumetsumɛ
à
leurlœʁ
choixʃwa
!…
Mais
fierfje
à
sonsɔ̃
tourtuʁ
de
sonsɔ̃
douxdu
servagesɛʁvaʒ
,
Ete
quittantkitɑ̃
pourpuʁ
toitwa
sonsɔ̃
désertdezɛʁ
sauvagesovaʒ
,
Devantdəvɑ̃
toustu
,
ô
bellebɛl
!
Ourrias
vainqueurvɛ̃kœʁ
Se
courbekuʁb
à
teste
piedspje
pourpuʁ
gagnergaɲe
tontɔ̃
cœurkœʁ
.
Ourrias
,
bouvierbuvje
de
Camarguekamaʁg
,
N'est point de ceux qu'on dédaigne et qu'on nargue
OURRIAS
Ourrias
,
bouvierbuvje
de
Camarguekamaʁg
,
Sonsɔ̃
tridenttʁidɑ̃
de
ferfɛʁ
enɑ̃
mainmɛ̃
,
Peut
braverbʁave
le
genreʒɑ̃ʁ
humainymɛ̃
,
Ete
suitsɥi
droitdʁwa
sonsɔ̃
cheminʃmɛ̃
!
Le
dompteurdɔ̃tœʁ
que
rienʁjɛ̃
ne
domptedɔ̃t
,
Pourpuʁ
parlerpaʁle
à
quiki
l'affronte
N'attends
paspa
à
demaindəmɛ̃
!
Mais
fierfje
à
sonsɔ̃
tourtuʁ
de
sonsɔ̃
douxdu
servagesɛʁvaʒ
,
Ete
quittantkitɑ̃
pourpuʁ
toitwa
sonsɔ̃
désertdezɛʁ
sauvagesovaʒ
,
Devantdəvɑ̃
toustu
,
ô
bellebɛl
!
Ourrias
vainqueurvɛ̃kœʁ
Se
courbekuʁb
à
teste
piedspje
pourpuʁ
gagnergaɲe
tontɔ̃
cœurkœʁ
!
MIREILLE
Adieuadjø
!…
permettez-moi
de
fuirfɥiʁ
ouu
de
me
tairetɛʁ
.
avec dépit
OURRIAS
Pourquoipuʁkwa
?
parmipaʁmi
toustu
ceux
quiki
cherchentʃɛʁʃ
à
te
plaireplɛʁ
,
Tontɔ̃
pèrepɛʁ
m'a
choisiʃwazi
,
croyantkʁwajɑ̃
sagementsaʒmɑ̃
fairefɛʁ
,
Ete
jeʒə
veux
ironique
MIREILLE
Votrevɔtʁ
demandedəmɑ̃d
ete
vosvo
tendretɑ̃dʁ
aveuxa.vø
Me
semblentsɑ̃bl
,
beaubo
galantgalɑ̃
,
dictésdikte
parpaʁ
l'amour
mêmemɛm
.
Mais
,
croyez-moi
,
pourpuʁ
qu'on
vousvu
aimeɛm
,
Ne
ditesdit
jamaisʒamɛ
:
jeʒə
veux
!
Elle s'enfuit en riant.
SCÈNE 7
seul
OURRIAS
Elleɛl
fait
fifi
de
moimwa
,
lala
bellebɛl
!
SCÈNE 8
s'approchant d'Ambroise et lui frappant sur l'épaule
RAMON
Ehe
bienbjɛ̃
?
avec dépit
OURRIAS
Onɔ̃
me
refuseʁəfyz
!
gaiement
RAMON
Jeʒə
m'en
doutaisdutɛ
,
voyantvwajɑ̃
cettesɛt
minemin
confusekɔ̃fyz
!
Ambroise parait au fond avec Vincent et Vincenette.
Il s'avance seul vers Ramon. Ourrias s'est écarté et semble chercher du regard Mireille. Vincenette et Vincent suivent, pleins d'anxiété, le rcit d'Ambroise.
SCÈNE 9
touchant l'épaule de Ramon
AMBROISE
Jeʒə
viensvjɛ̃
vousvu
demanderdəmɑ̃de
,
compèrekɔ̃pɛʁ
,
unœ̃
bonbɔ̃
avisavi
À Vincent et Vincenette
AMBROISE
Venezvəne
!
Ramon se lève, Ambroise l'entraîne à l'écart.
AMBROISE
Depuisdəpɥi
longtempslɔ̃tɑ̃
vousvu
connaissezkɔnɛse
monmɔ̃
filsfis
Jeʒə
luilɥi
croyaiskʁwajɛ
le
cœurkœʁ
bonbɔ̃
,
l
âmeam
honnêteɔnɛt
.
Mais
savez-voussɛ.ty
ce
quky
ilil
s
estɛst
mismi
enɑ̃
têtetɛt
?…
Ilil
a
,
jeʒə
ne
sais
u
,
Vuvy
,
parpaʁ
hasardʼazaʁ
,
jeʒə
ne
sais
quellekɛl
fillefij
,
De
bonbɔ̃
renomʁənɔ̃
ete
de
richeʁiʃ
famillefamij
,
Dontdɔ̃
ilil
s
estɛst
fait
amoureuxamuʁø
commekɔm
unœ̃
foufu
.
Hélasʼelas
,
compèrekɔ̃pɛʁ
!
Le
malheureuxmalœʁø
pleureplœʁ
ete
se
désespèredezɛspɛʁ
!
D
unœ̃
bonbɔ̃
avisavi
daignezdeɲe
me
secourirsəkuʁiʁ
.
RAMON
Bahba
!
lala
fillefij
nini
luilɥi
n
enɑ̃
mourrontmuʁːɔ̃
,
jeʒə
vousvu
jureʒyʁ
!
Mais
d
unœ̃
refusʁəfy
certainsɛʁtɛ̃
épargnez-vous
l
injureɛ̃ʒyʁ
;
Ete
s
ilil
ne
suffitsy.fi
paspa
de
parlerpaʁle
fermefɛʁm
ete
hautʼo
,
Montrant le bâton qu'Ambroise tient à la main
RAMON
Pourpuʁ
luilɥi
guérirgeʁiʁ
le
cœurkœʁ
,
vousvu
avezave
ce
qu'il
fautfo
.
indigné
AMBROISE
Quandkɑ̃
votrevɔtʁ
chienʃjɛ̃
demandedəmɑ̃d
à
boirebwaʁ
,
quky
onɔ̃
l
assommeasɔm
!
Mireille parait au fond et s'arrête pour écouter.
Vincent et Vincenette se rapprochent. Ourrias prend un ait indifférent.
SCÈNE 10
RAMON
Unœ̃
pèrepɛʁ
parlepaʁl
enɑ̃
pèrepɛʁ
,
unœ̃
hommeɔm
agitaʒi
enɑ̃
hommeɔm
!
Le
chefʃɛf
de
famillefamij
autrefoisotʁəfwa
Étaitetɛ
le
maîtremɛtʁ
ete
touttu
se
courbaitkuʁbɛ
à
sasa
voixvwa
!…
Ete
quandkɑ̃
Noëlnɔɛl
voyaitvwajɛ
devantdəvɑ̃
lala
tabletabl
saintesɛ̃t
S
asseoiraswaʁ
l
aïeulajœl
,
avecavɛk
sasa
générationʒeneʁasjɔ̃
,
Le
douxdu
vieillardvjɛjaʁ
calmaitkalmɛ
toutetut
rébellionʁebɛljɔ̃
Ete
faisaitfɛzɛ
tairetɛʁ
toutetut
plainteplɛ̃t
,
Enɑ̃
versantvɛʁsɑ̃
sursyʁ
sesse
filsfis
sasa
bénédictionbenediksjɔ̃
!…
Mais
que
l
unœ̃
d
euxø
osâtoza
braverbʁave
sasa
loilwa
suprêmesypʁɛm
,
Dieudjø
justeʒyst
!…
ilil
l
eûty
tuétɥe
peut-êtrepøtɛtʁ
!
s'élançant vers son père, pâle et agitée
MIREILLE
Tuez-moi
!
Montrant Vincent
MIREILLE
Jeʒə
suissɥi
cellesɛl
quky
ilil
aimeɛm
!
Ete
devantdəvɑ̃
Notre-Damenɔtʁədam
ete
devantdəvɑ̃
Dieudjø
lui-mêmelɥimɛm
,
Jeʒə
vousvu
jureʒyʁ
que
nulnyl
autreotʁ
n
auraoʁa
mama
foifwa
!…
Ramon reste frappé de stupeur. Ambroise s'élance vers son fils comme pour le protéger. Ourrias se lève de table, les yeux fixé sur Vincent. Long moment de silence.
RAMON
Saintssɛ̃
dudy
cielsjɛl
!
Sursyʁ
monmɔ̃
frontfʁɔ̃
c
estɛst
lala
foudrefudʁ
quiki
tombetɔ̃b
!
avec désespoir, à Ambroise
VINCENT
Avantavɑ̃
peu
dansdɑ̃
lala
tombetɔ̃b
,
Vosvo
mainsmɛ̃
me
descendrontdesɑ̃dʁɔ̃
!
bas, à Vincnet
VINCENETTE
Espèreɛspɛʁ
encoreɑ̃kɔʁ
Teste
pleursplœʁ
le
toucheronttuʃəʁɔ̃
!
cherchant à entraîner Vincent
AMBROISE
Viensvjɛ̃
!
retournonsʁətuʁnɔ̃
là-baslaba
puisqu
onɔ̃
nousnu
fait
affrontafʁɔ̃
!
à part, avec rage
OURRIAS
C
estɛst
pourpuʁ
ce
belbɛl
amantamɑ̃
quky
elleɛl
me
fait
affrontafʁɔ̃
!
saisissant Mireille par le bras
RAMON
Écouteekut
!
ilil
enɑ̃
estɛst
tempstɑ̃
!…
reprendsʁəpʁɑ̃
cettesɛt
parolepaʁɔl
!
Démensdemɑ̃
ce
folfɔl
aveuavø
!…
MIREILLE
Nonnɔ̃
,
jeʒə
ne
suissɥi
paspa
follefɔl
,
Ete
l
aveuavø
que
jeʒə
fais
s
échappeeʃap
de
monmɔ̃
cœurkœʁ
!
la repoussant
RAMON
Ehe
bienbjɛ̃
va-t
enɑ̃
,
bravebʁav
lala
honteʼɔ̃t
ete
le
méprismepʁi
moqueurmɔkœʁ
!
Jeʒə
ne
te
connaiskɔnɛ
plusply
!…
Adieuadjø
!
mama
fillefij
estɛst
mortemɔʁt
.
Suissɥi
tontɔ̃
amantamɑ̃
,
suissɥi
l
épouxepu
de
tontɔ̃
choixʃwa
!
Vava
mendiermɑ̃dje
tontɔ̃
painpɛ̃
de
portepɔʁt
enɑ̃
portepɔʁt
,
Ete
chercherʃɛʁʃe
loinlwɛ̃
de
nousnu
unœ̃
abriabʁi
dansdɑ̃
lesle
boisbwa
!
Lui saisissant de nouveau la main
RAMON
Mais
nonnɔ̃
,
tuty
resterasʁɛstəʁa
!
Jeʒə
le
veux
!
Jeʒə
l
ordonneɔʁdɔn
!
Quandkɑ̃
jeʒə
devraisdəvʁɛ
te
lierlje
piedspje
ete
mainsmɛ̃
Pourpuʁ
t
empêcherɑ̃pɛʃe
de
courirkuʁiʁ
lesle
cheminsʃmɛ̃
!
Quandkɑ̃
jeʒə
devraisdəvʁɛ
Il lève la main sur Mireille
MIREILLE
Frappezfʁape
ete
que
Dieudjø
vousvu
pardonnepaʁdɔn
!
Tombant aux pieds de son père
MIREILLE
Hélasʼelas
!
à
vosvo
piedspje
me
voilàvwala
!
Jeʒə
suissɥi
sanssɑ̃
défensedefɑ̃s
ete
sanssɑ̃
armesaʁm
!
Sisi
mama
pauvrepovʁ
mèremɛʁ
étaitetɛ
la
,
Elleɛl
auraitɔʁɛ
pitiépitje
de
mesme
larmeslaʁm
!…
Sonsɔ̃
âmeam
étaitetɛ
clémenteklemɑ̃t
ete
bonnebɔn
,
Mesme
pleursplœʁ
se
séchaientseʃɛ
soussu
sasa
mainmɛ̃
,
Ete
dansdɑ̃
lesle
cieuxsjø
elleɛl
pardonnepaʁdɔn
À
l
enfantɑ̃fɑ̃
quiki
vousvu
priepʁi
enɑ̃
vainvɛ̃
!…
Ramon détourne la tête sans répondre.
MIREILLE
Aha
!
c
enɑ̃
estɛst
fait
jeʒə
désespèredezɛspɛʁ
Sisi
Dieudjø
ne
vientvjɛ̃
me
secourirsəkuʁiʁ
!…
Elle se relève avec effort et cherche à retenir les mains de Ramon dans les siennes.
MIREILLE
Vousvu
voulezvule
doncdɔ̃k
me
voirvwaʁ
mourirmuʁiʁ
Commekɔm
elleɛl
!
Répondezʁepɔ̃de
,
monmɔ̃
pèrepɛʁ
!
Retombant à genoux
MIREILLE
Hélasʼelas
!
à
vosvo
piedspje
me
voilàvwala
!
Jeʒə
suissɥi
sanssɑ̃
défensedefɑ̃s
ete
sanssɑ̃
armesaʁm
!
Sisi
mama
pauvrepovʁ
mèremɛʁ
étaitetɛ
la
,
Elleɛl
auraitɔʁɛ
pitiépitje
de
mesme
larmeslaʁm
!…
RAMON
Relève-toi
!
quky
attends-tu
la
?
Jeʒə
suissɥi
insensibleɛ̃sɑ̃sibl
à
teste
larmeslaʁm
!
VINCENT
Hélasʼelas
!
à
sesse
piedspje
lala
voilàvwala
Ilil
estɛst
insensibleɛ̃sɑ̃sibl
à
sesse
larmeslaʁm
!
AMBROISE
Viensvjɛ̃
,
viensvjɛ̃
!
partonspaʁtɔ̃
!…
oublions-la
Ilil
estɛst
insensibleɛ̃sɑ̃sibl
à
sesse
larmeslaʁm
!
VINCENETTE
Partonspaʁtɔ̃
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
ete
plaignons-la
!
Ilil
estɛst
insensibleɛ̃sɑ̃sibl
à
sesse
larmeslaʁm
!
à part
OURRIAS
Elleɛl
priepʁi
ete
pleureplœʁ
ete
voilàvwala
Le
pèrepɛʁ
quiki
cèdesɛd
à
sesse
larmeslaʁm
!
Quelques paysans passent au fond et s'arrêtent pozur écouter
repoussant Mireille et tournant sa colère contre Ambroise
RAMON
C
estɛst
toitwa
,
misérablemizeʁabl
vanniervanje
!
Toitwa
,
quiki
,
traîtreusementtʁɛtʁøzmɑ̃
,
tuty
ne
peux
le
niernje
,
Asa
machinémaʃine
ce
raptʁapt
infâmeɛ̃fam
!
se redressant avec colère
AMBROISE
Morbleumɔʁblø
!
lala
pauvretépovʁəte
n
avilitavili
pointpwɛ̃
notrenɔtʁ
âmeam
,
Ete
,
Dieudjø
mercimɛʁsi
,
mama
vievi
estɛst
à
l
abriabʁi
dudy
blâmeblam
!
RAMON
Quoikwa
!
j
auraiɔʁɛ
sanssɑ̃
reposʁəpo
travaillétʁavaje
sisi
longtèmps
Pourpuʁ
assurerasyʁe
lala
paix
de
mesme
vieuxvjø
ansɑ̃
,
Laisserlɛse
monmɔ̃
bienbjɛ̃
à
ceux
de
mama
famillefamij
Ete
puispɥi
,
tontɔ̃
filsfis
me
voleravɔləʁa
mama
fillefij
!
Tonnerretɔnɛʁ
ete
sangsɑ̃
!...
c
estɛst
la
ce
que
tuty
veux
!
Il saisit un bâton et menace Ambroise.
s'élançant vers Vincent
MIREILLE
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
retenant Ambroise
VINCENT
Monmɔ̃
pèrepɛʁ
!
Les deux hommes se mesurent un moment avec colère et semblent prêts à s'élancer l'un sur l'autre.
jetant son bâton
RAMON
Allezale
auo
diabledjabl
toustu
lesle
deux
!
On accourt de tous côtés. La foule les entoure.
SCÈNE 11
RAMON
Ouiwi
,
que
l
enferɑ̃fɛʁ
de
vousvu
s
empareɑ̃paʁ
!
Allonsalɔ̃
!
mordieu
!
quky
onɔ̃
se
séparesepaʁ
!
Ete
malheurmalœʁ
à
toitwa
sisi
demaindəmɛ̃
Jeʒə
te
rencontreʁɑ̃kɔ̃tʁ
enɑ̃
monmɔ̃
cheminʃmɛ̃
!
AMBROISE
Gardegaʁd
tontɔ̃
trésortʁezɔʁ
,
vieilvjɛj
avareavaʁ
!
C
estɛst
tontɔ̃
orgueilɔʁgœj
quiki
lesle
séparesepaʁ
!
Puisses-tu
rencontrerʁɑ̃kɔ̃tʁe
demaindəmɛ̃
Honteʼɔ̃t
ete
malheurmalœʁ
enɑ̃
tontɔ̃
cheminʃmɛ̃
!
les bras tendus vers Vincent
MIREILLE
C
estɛst
enɑ̃
vainvɛ̃
que
l
onɔ̃
nousnu
séparesepaʁ
!
Jeʒə
t
appartiensapaʁtjɛ̃
!
voicivwasi
mama
mainmɛ̃
!
À
bientôtbjɛ̃to
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
à
demaindəmɛ̃
!
à part, avec désespoir
VINCENT
Ilil
me
refuseʁəfyz
!
ilil
nousnu
séparesepaʁ
!
Sasa
mainmɛ̃
repousseʁəpus
notrenɔtʁ
mainmɛ̃
!
Jeʒə
ne
lala
verraivɛʁɛ
plusply
demaindəmɛ̃
!
VINCENETTE
Pauvrespovʁ
amantsamɑ̃
!
onɔ̃
vousvu
séparesepaʁ
!
Partonspaʁtɔ̃
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Donnedɔn
tata
mainmɛ̃
!
Ilil
fautfo
nousnu
remettreʁəmɛtʁ
enɑ̃
cheminʃmɛ̃
!
à part
OURRIAS
Allonsalɔ̃
!
mordieu
!
quky
onɔ̃
lesle
séparesepaʁ
!
Ete
malheurmalœʁ
à
luilɥi
sisi
demaindəmɛ̃
Jeʒə
te
rencontreʁɑ̃kɔ̃tʁ
enɑ̃
monmɔ̃
cheminʃmɛ̃
!
à Ramon
LE CHŒUR
Pèrepɛʁ
cruelkʁyɛl
!
âmeam
barbarebaʁbaʁ
!
C
estɛst
tontɔ̃
orgueilɔʁgœj
quiki
lesle
séparesepaʁ
!
Pourpuʁ
euxø
nousnu
t
imploronsɛ̃plɔʁɔ̃
enɑ̃
vainvɛ̃
!
Le
cielsjɛl
te
punirapyniʁa
demaindəmɛ̃
!
Ramon arrache Mireille des bras de Vincent.
Mireille pousse un cri et s'affaisse entre les bras de son père. Ambroise entraîne Vincent. Les jeunes filles arlésiennes s'empressent autour de Mireille évanouie.
ACTE III
PREMIER TABLEAU
Le Val d’ Enfer
SCÈNE 1
Ourrias est armé d'un long bâton à trois pointes de fer.
OURRIAS
Voicivwasi
le
Valval
d
Enferɑ̃fɛʁ
ete
lala
grottegʁɔt
desde
féesfe
,
D’ où sortent à minuit les plaintes étouffées,
OURRIAS
Lesle
riresʁiʁ
ete
lesle
criskʁi
desde
noirsnwaʁ
espritsɛspʁi
d
enɑ̃
basba
,
Dontdɔ̃
Taven
lala
sorcièresɔʁsjɛʁ
exciteɛksit
lesle
ébatseba
.
LE CHŒUR
C
estɛst
iciisi
quky
elleɛl
habiteabit
?
OURRIAS
Ouiwi
,
dansdɑ̃
ce
lieuljø
sauvagesovaʒ
.
D'un ton railleur
OURRIAS
Sisi
vousvu
voulezvule
,
amisami
,
onɔ̃
peut
lala
consulterkɔ̃sylte
;
Elleɛl
cachekaʃ
enɑ̃
lieuljø
sûrsyʁ
,
dit-on
,
certainsɛʁtɛ̃
breuvagebʁœvaʒ
Dontdɔ̃
lesle
amantsamɑ̃
malheureuxmalœʁø
fontfɔ̃
usageyzaʒ
Ete
quky
ilil
seraitsəʁɛ
prudentpʁydɑ̃
peut-êtrepøtɛtʁ
d
acheteraʃte
.
LE CHŒUR
À
quoikwa
bonbɔ̃
te
mettremɛtʁ
enɑ̃
dépensedepɑ̃s
?
Sisi
l
onɔ̃
fait
fifi
de
toitwa
,
le
plusply
sagesaʒ
,
jeʒə
pensepɑ̃s
,
Estɛst
de
t
enɑ̃
consolerkɔ̃sɔle
.
DEMI-CHŒUR
D
oublierublije
l
aventureavɑ̃tyʁ
ete
de
n
enɑ̃
plusply
parlerpaʁle
.
LE CHŒUR
Tuty
trouverastʁuvəʁa
sanssɑ̃
peinepɛn
uneyn
fillefij
plusply
bellebɛl
.
DEMI-CHŒUR
Ete
plusply
richeʁiʃ
!
Ete
plusply
sagesaʒ
!
avec emportement
Où donc se cache-t-elle
OURRIAS
Cettesɛt
fillefij
plusply
bellebɛl
ete
plusply
sagesaʒ
à
vosvo
yeux
Que
Mireillemi.ʁɛj
elle-mêmeɛlmɛm
?
Quiki
de
vousvu
lala
connaitkɔ.nɛtʁ
?
Quiki
l
a
vuevy
?…
Enɑ̃
quelskɛl
lieuxljø
?
Moimwa
,
jeʒə
n
enɑ̃
veux
paspa
d
autreotʁ
ete
c
estɛst
elleɛl
que
j
aimeɛm
!
S'écartant brusquement de ses compagnons.
OURRIAS
Mais
lala
nuitnɥi
vientvjɛ̃
.
Suivonssɥivɔ̃
chacunʃakœ̃
notrenɔtʁ
cheminʃmɛ̃
.
avec crainte et à demi-voix
LE CHŒUR
Carkaʁ
c
estɛst
l
heureœʁ
desde
mauvaismovɛ
rêvesʁɛv
!
L
heureœʁ
u
lesle
farfadetsfaʁfadɛ
,
lesle
lutinslytɛ̃
ete
lesle
Trèvestʁɛv
Sursyʁ
lala
pointepwɛ̃t
desde
flotsflo
,
le
sablesabl
desde
grèvesgʁɛv
Dansentdɑ̃s
auo
clairklɛʁ
de
lunelyn
enɑ̃
se
donnantdɔnɑ̃
lala
mainmɛ̃
!
OURRIAS
Évitezevite
leurlœʁ
rencontreʁɑ̃kɔ̃tʁ
.
À
demaindəmɛ̃
!
LE CHŒUR
À
demaindəmɛ̃
!
Ils séparent. Ourrias reste seul accondé contre un rocher.
SCÈNE 2
OURRIAS
Ilsil
s
éloignentelwaɲ
!
Ete
moimwa
,
le
cœurkœʁ
gonflégɔ̃fle
de
rageʁaʒ
,
J
attendsatɑ̃
iciisi
monmɔ̃
rivalʁival
auo
passagepasaʒ
.
Onɔ̃
t
aimeɛm
,
heureuxœʁø
vanniervanje
!
Onɔ̃
t
aimeɛm
,
misérablemizeʁabl
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Sursyʁ
monmɔ̃
âmeam
ete
mama
vievi
,
Tuty
paieraspɛʁa
de
tontɔ̃
sangsɑ̃
Ce
bonheurbɔnœʁ
que
j
envieɑ̃vi
.
Tuty
veux
doncdɔ̃k
que
mama
mainmɛ̃
te
ploieplwa
Ete
te
brisebʁiz
commekɔm
unœ̃
roseauʁozo
,
Et te jette comme une proie
OURRIAS
Auxo
loupslu
affamésafame
de
lala
Craukʁo
!
N
affronteafʁɔ̃t
paspa
mama
rageʁaʒ
!
Vava
,
vava
,
jeʒə
te
détestedetɛst
,
jeʒə
te
haisʼai
!
Votrevɔtʁ
amouramuʁ
m
irriteiʁit
ete
m
outrageutʁaʒ
!
Elleɛl
t
aimeɛm
,
ete
moimwa
jeʒə
l
aimaisɛmɛ
!
Mortmɔʁ
ete
malheurmalœʁ
!
C
estɛst
luilɥi
!
Jeʒə
ne
me
trompaistʁɔ̃pɛ
paspa
!
Auo
fondfɔ̃
de
ce
ravinʁavɛ̃
sombresɔ̃bʁ
,
u
lala
nuitnɥi
étendetɑ̃
sonsɔ̃
ombreɔ̃bʁ
,
C
estɛst
l
enferɑ̃fɛʁ
quiki
le
jetteʒɛt
au-devantodvɑ̃
de
mesme
paspa
!
S'approchant brusquement de Vincent.
OURRIAS
Te
voilàvwala
doncdɔ̃k
,
heureuxœʁø
garçongaʁsɔ̃
quky
onɔ̃
aimeɛm
,
Galantgalɑ̃
vanniervanje
que
l
onɔ̃
préfèrepʁefɛʁ
à
toustu
,
Ete
que
Mireillemi.ʁɛj
mêmemɛm
A
choisiʃwazi
pourpuʁ
épouxepu
!
VINCENT
À
monmɔ̃
bonheurbɔnœʁ
,
amiami
,
ne
portepɔʁt
paspa
envieɑ̃vi
!
C
estɛst
enɑ̃
vainvɛ̃
que
sonsɔ̃
cœurkœʁ
m
a
choisiʃwazi
;
C
estɛst
enɑ̃
vainvɛ̃
quky
elleɛl
m
aimeɛm
!
Sonsɔ̃
pèrepɛʁ
a
repousséʁəpuse
mama
mainmɛ̃
Ete
brisébʁize
d
unœ̃
seulsœl
motmo
le
rêveʁɛv
de
mama
vievi
!
OURRIAS
Quky
importentɛ̃pɔʁt
lesle
refusʁəfy
dudy
pêre
ete
sonsɔ̃
méprismepʁi
,
Sisi
c
estɛst
toitwa
dontdɔ̃
le
cœurkœʁ
de
lala
bellebɛl
estɛst
éprisepʁi
!
Avec une rage contenue
OURRIAS
Mais
dis-moi
parpaʁ
quelkɛl
sortilègesɔʁtilɛʒ
,
Parpaʁ
quelkɛl
charmeʃaʁm
mauditmodi
tuty
l
asa
prisepʁiz
à
tontɔ̃
piègepjɛʒ
;
Parlepaʁl
,
répondsʁepɔ̃
!
Quelkɛl
philtrefiltʁ
a
troublétʁuble
sasa
raisonʁɛzɔ̃
?
VINCENT
Pourquoipuʁkwa
m
outrages-tu
parpaʁ
ce
lâchelaʃ
soupçonsupsɔ̃
?
OURRIAS
Ete
commentkɔmɑ̃
doncdɔ̃k
se
peut-il
fairefɛʁ
Quky
à
lala
facefas
mêmemɛm
de
Dieudjø
,
Lala
bellebɛl
auo
plusply
richeʁiʃ
préfèrepʁefɛʁ
Unœ̃
vagabondvagabɔ̃
sanssɑ̃
feu
nini
lieuljø
?
Ilil
fautfo
bienbjɛ̃
penserpɑ̃se
,
à
ce
comptekɔ̃t
,
Quky
elleɛl
a
perdupɛʁdy
l
espritɛspʁi
ete
perdupɛʁdy
toutetut
honteʼɔ̃t
!
VINCENT
Tais-toitɛʁ
!
tais-toitɛʁ
!
c
estɛst
malmal
parlépaʁle
!
Prendspʁɑ̃
gardegaʁd
d
insulterɛ̃sylte
Mireillemi.ʁɛj
!
Lala
colèrekɔlɛʁ
enfinɑ̃fɛ̃
se
réveilleʁevɛj
Auo
fondfɔ̃
de
monmɔ̃
cœurkœʁ
désolédezɔle
.
Aussiosi
vraivʁɛ
que
Mireillemi.ʁɛj
m
aimeɛm
,
Moimwa
,
le
vanniervanje
,
moimwa
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
Jeʒə
vais
touttu
à
l
heureœʁ
,
iciisi
mêmemɛm
,
Laverlave
teste
méprismepʁi
dansdɑ̃
le
sangsɑ̃
!
OURRIAS
À
mama
rageʁaʒ
unœ̃
démondemɔ̃
te
livrelivʁ
,
J
auraiɔʁɛ
tontɔ̃
sangsɑ̃
,
aha
!
défends-toi
!
L
unœ̃
de
nousnu
doitdwa
cessersɛse
de
vivrevivʁ
;
Jeʒə
ne
suissɥi
plusply
maîtremɛtʁ
de
moimwa
!
VINCENT
Parpaʁ
l
enferɑ̃fɛʁ
,
lala
rageʁaʒ
m
enivreɑ̃nivʁ
,
Crainskʁɛ̃
,
Ourrias
,
prendspʁɑ̃
gardegaʁd
à
toitwa
!
L
unœ̃
de
nousnu
doitdwa
cessersɛse
de
vivrevivʁ
;
Jeʒə
ne
suissɥi
plusply
maîtremɛtʁ
de
moimwa
!
OURRIAS
Va-t
enɑ̃
!
Va-t
enɑ̃
!
Malheurmalœʁ
à
toitwa
!
Il frappe Vincent de son bâton ferré. Vincent pousse un cri et tombe.
OURRIAS
Aha
!
quky
ai-je
fait
?
Fuyonsfɥijɔ̃
!
Il disparaît patmi les rochers.
VINCENT
Ô
Mireillemi.ʁɛj
!
jeʒə
meursmœʁ
pourpuʁ
toitwa
!
SCÈNE 3
paraissant au fond
TAVEN
Quellekɛl
sinistresinistʁ
plainteplɛ̃t
A
traversétʁavɛʁse
lala
nuitnɥi
?
Monmɔ̃
cœurkœʁ
frémitfʁemi
de
craintekʁɛ̃t
!
Elle s'avance et heurte du pied le corps de Vincent.
TAVEN
Unœ̃
hommeɔm
estɛst
couchékuʃe
la
le
frontfʁɔ̃
baignébeɲe
de
sangsɑ̃
,
Blesséblese
!…
Dieudjø
tout-puissanttupɥisɑ̃
!
Jeʒə
reconnaisʁəkɔnɛ
sesse
traitstʁɛ
dansdɑ̃
l
ombreɔ̃bʁ
!
C
estɛst
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Se redressant avec colère
TAVEN
Ete
luilɥi
,
le
meurtriermœʁtʁije
,
le
traitretʁɛtʁ
,
Quiki
fuitfɥi
là-baslaba
commekɔm
unœ̃
banditbɑ̃di
,
J
aiɛ
susy
le
reconnaîtreʁəkɔnɛtʁ
!…
Soisswa
mauditmodi
,
Ourrias
!
mauditmodi
!
troistʁwa
foisfwa
mauditmodi
!
Elle se penche sur Vincent, et essuie avec un pan de son manteau la blessure de son front.
DEUXIÈME TABLEAU
Le Pont de Trinquetaille
Les eaux du Rhône éclairées par la lune couvrent tout le théâtre et se perdent au loin dans la brume. Une pointe fe terre, bordée d'ajoncs sauvage, s'avance au milieu du fleuve. C'est là qu'Ourrias s'arrête dans sa fuite.
SCÈNE 4
seul, entrant précipitamment, pâle, effaré et les cheveux en désordre.
OURRIAS
Aha
!
quky
ai-je
fait
?
Lala
mainmɛ̃
de
Dieudjø
courbekuʁb
monmɔ̃
frontfʁɔ̃
coupablekupabl
!
De
monmɔ̃
forfaitfɔʁfɛ
Le
souvenirsuvniʁ
me
poursuitpuʁsɥi
ete
m
accableakabl
!
Le
remordsʁəmɔʁ
pourpuʁ
jamaisʒamɛ
estɛst
entréɑ̃tʁe
dansdɑ̃
monmɔ̃
cœurkœʁ
J
aiɛ
peurpœʁ
!
Le
sangsɑ̃
versévɛʁse
Souillesuj
mesme
mainsmɛ̃
d
unœ̃
signesiɲ
ineffaçableinefasabl
!
Pâlepal
ete
glacéglase
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
lâ-bas
estɛst
couchékuʃe
sursyʁ
le
sablesabl
!
Le
remordsʁəmɔʁ
pourpuʁ
jamaisʒamɛ
estɛst
entréɑ̃tʁe
dansdɑ̃
monmɔ̃
cœurkœʁ
J
aiɛ
peurpœʁ
!
Tombant à genoux
OURRIAS
Grâcegʁas
!
Faites-moi
grâcegʁas
,
archangesaʁkɑ̃ʒ
menaçantsmənasɑ̃
!
Détournezdetuʁne
de
moimwa
votrevɔtʁ
glaiveglɛv
.
Aha
!
Après un silence
OURRIAS
Mais
quelkɛl
vainvɛ̃
rêveʁɛv
Troubletʁubl
mesme
senssɑ̃s
?
Il regarde autour de lui
OURRIAS
Lala
nuitnɥi
estɛst
calmekalm
ete
claireklɛʁ
;
Lala
plageplaʒ
estɛst
solitairesɔlitɛʁ
Il se relève
OURRIAS
Hâtons-nous
de
gagnergaɲe
l
autreotʁ
côtékote
de
l
eauo
!
Holàʼɔla
!
passeurpasœʁ
,
amèneamɛn
tontɔ̃
bateaubato
!
Son appel, répété par un écho lointain, se perd dans le silence de la nuit. On entend un long soupir traverser l'espace.
OURRIAS
Dieudjø
!
quelskɛl
accentsaksɑ̃
funèbresfynɛbʁ
S
exhalentɛgzal
dansdɑ̃
lesle
airsɛʁ
!
Quelskɛl
fantômesfɑ̃tom
errantsɛʁɑ̃
passentpas
soussu
lesle
flotsflo
clairsklɛʁ
,
Ouu
se
dressentdʁes
dansdɑ̃
lesle
ténèbrestenɛbʁ
?…
Des lueurs livides glissent sur les eaux. De blancs fantômes semblent sortir des profondeurs du fleuve. Une cloche lointaine sonne minuit.
SCÈNE 5
LES TRÈVES
Voicivwasi
minuitminɥi
!
Unœ̃
feu
quiki
luitlɥiʁ
Traversetʁavɛʁs
l
ombreɔ̃bʁ
!
Lesle
trépasséstʁepase
Sortent glacés
LES TRÈVES
Dudy
gouffregufʁ
sombresɔ̃bʁ
!
Le
cielsjɛl
estɛst
bleublø
!
L
airɛʁ
nousnu
enivreɑ̃nivʁ
!
Bénibeni
soitswa
Dieudjø
quiki
nousnu
délivredelivʁ
!
LES FILLES MORTES D’ AMOUR
Nousnu
sommessɔm
lesle
follesfɔl
d
amouramuʁ
!
Lesle
pauvrespovʁ
fillesfij
délaisséesdelɛse
,
Que
lala
mortmɔʁ
,
sanssɑ̃
retourʁətuʁ
,
Auo
vieuxvjø
Rhôneʁon
a
fiancéesfijɑ̃se
!
VOIX DIVERSES
Ô
nuitnɥi
!
cielsjɛl
étoiléetwale
!
douxdu
parfumspaʁfœ̃
de
lala
terretɛʁ
!
Ô
mortmɔʁ
!
cruelkʁyɛl
exilɛgzil
!
lamentablelamɑ̃tabl
mystèremistɛʁ
!
OURRIAS
Jeʒə
me
souvienssuvjɛ̃
!…
C
estɛst
à
minuitminɥi
Que
lesle
Trèvestʁɛv
sanssɑ̃
bruitbʁɥi
Sortentsɔʁt
dudy
gouffregufʁ
sombresɔ̃bʁ
!
Jeʒə
lesle
voisvwa
Jeʒə
lesle
voisvwa
glisserglise
soussu
le
flotflo
bleublø
Ete
se
dresserdʁese
dansdɑ̃
l
ombreɔ̃bʁ
Lesle
brasbʁa
tendustɑ̃dy
versvɛʁ
Dieudjø
!
Les voix se taisent. La funèbre procession disparaît dans la brume. Ourrias, se redressant
OURRIAS
A
moimwa
,
passeurpasœʁ
!…
à
moimwa
,
batelierbatəlje
de
l
enferɑ̃fɛʁ
!
UNE VOIX
Quiki
m
appelleapɛl
?
agitant son épieu d'un air de menace
OURRIAS
Ourrias
,
ete
sonsɔ̃
tridenttʁidɑ̃
de
ferfɛʁ
!
Un bateau semble sortir soudainement du fond de l'abîme. Un batelier, au visage pâle, enveloppé dans une longue cape noire, se tient debout à l'avant du bateau.
LE PASSEUR
Me
voicivwasi
hâtons-nous
.
OURRIAS
Tuty
t
esɛ
fait
bienbjɛ̃
attendreatɑ̃dʁ
,
Passeurpasœʁ
!…
Uneyn
autreotʁ
foisfwa
tâchetaʃ
de
mieuxmjø
entendreɑ̃tɑ̃dʁ
.
Il saute dans la barque.
OURRIAS
Ete
maintenantmɛ̃tnɑ̃
,
auo
largelaʁʒ
!
Le passeur plonge sa gaffe dans l'eau pour faire marcher le bateau.
OURRIAS
Saintssɛ̃
dudy
cielsjɛl
!
L
eauo
se
gonflegɔ̃fl
ete
mugitmyʒi
ete
tontɔ̃
bateaubato
s
arrêteaʁet
!
Traîtretʁɛtʁ
!
tuty
répondrasʁepɔ̃dʁa
de
mesme
joursʒuʁ
sursyʁ
tata
têtetɛt
Ete
sursyʁ
tontɔ̃
salutsaly
éterneletɛʁnɛl
!…
LE PASSEUR
Ourrias
,
tata
colèrekɔlɛʁ
estɛst
vainevɛn
!
Monmɔ̃
bateaubato
portepɔʁt
unœ̃
poidspwa
mauditmodi
!
Songesɔ̃ʒ
à
Vincentvɛ̃.sɑ̃
frappéfʁape
parpaʁ
toitwa
!
OURRIAS
Quiki
te
l
a
ditdi
?
LE PASSEUR
Le
Dieudjø
vengeurvɑ̃ʒœʁ
Dontdɔ̃
lala
mainmɛ̃
nousnu
entraîneɑ̃tʁɛn
!
LE CHŒUR
Ilil
estɛst
minuitminɥi
!
Unœ̃
feu
quiki
luitlɥiʁ
,
Traversetʁavɛʁs
l'ombre
etc.
ACTE IV
PREMIER TABLEAU
Le Mas des Micocoules
La cour intérieure du mas. Au fond un grand portail donnant sur la Crau. A gauche, la cour se prolnge sous des arcades, où sont les communs. A droite, la maison d'habitation de Ramon et de Mireille. Au premier plan, image ou statue de la Vierge. A gauche, une longue table continuant dans la coulisse, où sont assis des moissonneurs au lever du rideau.
On devine dans la cour les feux de la Saint-Jean qui éclairent celle-ci autour desquels les enfants forment une ronde joyeuse.
SCÈNE 1
MOISONNEURS
Amisami
,
voicivwasi
lala
moissonmwasɔ̃
faitefɛt
!
Entassezɑ̃tase
lesle
fagotsfago
;
faitesfɛt
flamberflɑ̃be
le
feu
!
Ete
jusqu'au
jourʒuʁ
que
chacunʃakœ̃
fêtefɛt
Saintsɛ̃
Jeandʒin
le
moissonneurmwasɔnœʁ
,
Saintsɛ̃
Jeandʒin
l'ami
de
Dieudjø
!
Ramone et Mireille paraissent sur le seuil.
Les danses s'interrompent aussitôt, les voix se taisent.
Les moissonneurs se lèvent et se découvrent avec respect.
SCÈNE 2
RAMON
Bienbjɛ̃
!
réjouissez-vous
,
amisami
!
Voicivwasi
le
Maîtremɛtʁ
!
Auo
diabledjabl
lesle
soucissusi
ete
prenonspʁənɔ̃
dudy
bonbɔ̃
tempstɑ̃
!
De
vosvo
rudesʁyd
labeurslabœʁ
,
dès
que
le
jourʒuʁ
vava
naîtrenɛtʁ
,
Vousvu
serezsəʁe
toustu
payéspɛje
enɑ̃
beauxbo
écuseky
comptants
.
entourant Mireille et lui offrant un bouquet
LES ENFANTS
Aprèsapʁɛ
lala
moissonmwasɔ̃
finiefini
,
À
vousvu
lala
gerbeʒɛʁb
béniebeni
,
Faitefɛt
d'épis
ete
de
fleursflœʁ
!
Que
bientôtbjɛ̃to
ainsiɛ̃si
Dieudjø
mêmemɛm
Vousvu
donnantdɔnɑ̃
à
quiki
vousvu
aimeɛm
,
Lieli
à
jamaisʒamɛ
vosvo
deux
cœurskœʁ
!…
À
vousvu
lala
gerbeʒɛʁb
béniebeni
Faitefɛt
d'épis
ete
de
fleursflœʁ
!
Mireille prend le bouquet et embrasse sans répondre l'enfant qui le lui offre.
à demi-voix
LE CHŒUR
Qu'a-t-elle
doncdɔ̃k
?
Pourquoipuʁkwa
cettesɛt
minemin
attristéeatʁiste
?
bas aux moissonneurs, en s'efforçant de rire
RAMON
Chutʃyt
!
Mireillemi.ʁɛj
m'en
veut
!
Mireillemi.ʁɛj
estɛst
irritéeiʁite
!
Jeʒə
vousvu
diraidiʁɛ
pourquoipuʁkwa
demaindəmɛ̃
.
Mireille traverse lentement de théâtre et se retire dans sa chambre.
RAMON
Allonsalɔ̃
,
le
verrevɛʁ
enɑ̃
mainmɛ̃
,
amisami
!
MOISSONNEURS
Amisami
,
voicivwasi
lala
moissonmwasɔ̃
faitefɛt
!
Entassezɑ̃tase
lesle
fagotsfago
;
faitesfɛt
flamberflɑ̃be
le
feu
!
Ete
jusqu'au
jourʒuʁ
que
chacunʃakœ̃
fêtefɛt
Saintsɛ̃
Jeandʒin
le
moissonneurmwasɔnœʁ
,
Saintsɛ̃
Jeandʒin
l'ami
de
Dieudjø
!
au-dehors, dansant autour du brasier
LES ENFANTS
Saintsɛ̃
Jeandʒin
!
Saintsɛ̃
Jeandʒin
!
Saintsɛ̃
Jeandʒin
!
Les garçons de ferme ont enlevé la table. Les moissonneurs sortent en chantant. La porte du fond se ferme. Les dernière lueurs du brasier s'éteignent. Ramon reste seul.
SCÈNE 3
resté seul
RAMON
Aha
!
malheureusemalœʁøz
enfantɑ̃fɑ̃
!
aha
!
mauditesmodit
amoursamuʁ
!
Cruelskʁyɛl
soucissusi
qu'un
sortsɔʁ
funestefynɛst
nousnu
envoieɑ̃vwa
!
C'en
estɛst
fait
de
mama
joieʒwa
,
Ete
dudy
reposʁəpo
de
mesme
vieuxvjø
joursʒuʁ
!…
Avec un accent désolé et le front penché vers la terre
RAMON
Auxo
joursʒuʁ
d'été
lesle
grandsgʁɑ̃
oragesɔʁaʒ
!
Lala
nuitnɥi
obscurcitɔpskyʁsi
l'horizon
;
L'éclair
déchiredeʃiʁ
lesle
nuagesnɥaʒ
;
Le
ventvɑ̃
dispersedispɛʁs
lala
moissonmwasɔ̃
!
Ainsiɛ̃si
le
deuildœj
frappefʁap
à
mama
portepɔʁt
!
Ainsiɛ̃si
le
malheurmalœʁ
fondfɔ̃
sursyʁ
moimwa
,
Brisantbʁizɑ̃
monmɔ̃
rêveʁɛv
qu'il
emporteɑ̃pɔʁt
!…
Telletɛl
estɛst
de
Dieudjø
l'aveugle
loilwa
!…
Ramon regagne tristement sa chambre. La scène est obscure, mais la fenêtre de Mireille est éclairée.
Mireille, accoudée à sa fenêtre (ou à la porte), fredonne doucement et tristement.
SCÈNE 4
dans sa chambre
MIREILLE
Ô
Nagali
,
mama
bien-aiméebjɛ̃neme
,
Fuyonsfɥijɔ̃
toustu
deux
soussu
lala
raméeʁame
Auo
fondfɔ̃
dudy
boisbwa
silencieuxsilɑ̃sjø
!
Lala
nuitnɥi
sursyʁ
nousnu
étendetɑ̃
sesse
voilesvwal
,
Ete
teste
beauxbo
yeux
Vontvɔ̃
fairefɛʁ
pâlirpaliʁ
lesle
étoilesetwal
Auo
seinsɛ̃
desde
cieuxsjø
!
SCÈNE 5
On entend la musette, pendant que le jour commence à poindre. Le berger apparaît sur les dernières mesures et chante
Le jour se lève
LE BERGER
Ete
fait
pâlirpaliʁ
lala
sombresɔ̃bʁ
nuitnɥi
.
Auo
loinlwɛ̃
,
déjàdeʒa
l'ardente
grèvegʁɛv
,
Quer
nullenyl
brisebʁiz
ne
soulèvesulɛv
,
S'enflamme
ete
luitlɥiʁ
!
Ete
dansdɑ̃
lesle
airsɛʁ
l'oiseau
s'enfuit
.
Ete
moimwa
,
touttu
seulsœl
avecavɛk
mesme
chèvresʃɛvʁ
Lala
soifswaf
auxo
lèvreslɛvʁ
,
J'erre
auo
hasardʼazaʁ
dansdɑ̃
le
désertdezɛʁ
brûlantbʁylɑ̃
,
D'un
paspa
tranquilletʁɑ̃kil
ete
lentlɑ̃
.
Le
lézardlezaʁ
grisgʁi
boitbwa
lala
lumièrelymjɛʁ
,
L'humble
grillongʁijɔ̃
,
dansdɑ̃
lala
poussièrepusjɛʁ
,
Chanteʃɑ̃t
auo
soleilsɔlɛj
,
Ete
moimwa
couchékuʃe
dansdɑ̃
lala
bruyèrebʁɥjɛʁ
Jeʒə
vais
reprendreʁəpʁɑ̃dʁ
monmɔ̃
sommeilsɔmɛj
.
Pendant les dernières mesures de la chanson du berger, Mireille est sortie de sa chambre et regarde le berger s'éloigner.
SCÈNE 6
seule en scène
MIREILLE
Heureuxœʁø
petitpəti
bergerbɛʁʒe
,
Aha
!
que
tontɔ̃
sortsɔʁ
me
fait
envieɑ̃vi
!
Toujourstuʒuʁ
librelibʁ
,
le
cœurkœʁ
légerleʒe
,
Lesle
peinespɛn
de
lala
vievi
Ne
peuventpœv
t'affliger
,
Heureuxœʁø
petitpəti
bergerbɛʁʒe
!
Dansdɑ̃
ce
désertdezɛʁ
de
feu
Touttu
seulsœl
avecavɛk
teste
chèvresʃɛvʁ
,
Tuty
dorsdɔʁ
soussu
le
cielsjɛl
bleublø
,
Uneyn
chansonʃɑ̃sɔ̃
auxo
lèvreslɛvʁ
.
Ete
pendantpɑ̃dɑ̃
tontɔ̃
sommeilsɔmɛj
,
Lesle
joyeusesʒwajøz
cigalessigal
Fontfɔ̃
tintertɛ̃te
auo
soleilsɔlɛj
Leurslœʁ
bruyantesbʁɥijɑ̃t
cimbales
!
Heureuxœʁø
petitpəti
bergerbɛʁʒe
,
Tontɔ̃
sortsɔʁ
me
fait
envieɑ̃vi
!
Toujourstuʒuʁ
librelibʁ
,
le
cœurkœʁ
légerleʒe
,
Lesle
soucissusi
de
lala
vievi
Ne
peuventpœv
t'affliger
,
Heureuxœʁø
petitpəti
bergerbɛʁʒe
!
SCÈNE 7
Vincenette entre par le portail du fond et s'avance rapidement vers Mireille.
VINCENETTE
Mireillemi.ʁɛj
!
MIREILLE
Quiki
m'appelle
?
Est-ce
luilɥi
!
VINCENETTE
Nonnɔ̃
,
Mireillemi.ʁɛj
,
c'est
moimwa
!
Mais
parlonspaʁlɔ̃
basba
!…
N'éveillons
personnepɛʁsɔn
!
MIREILLE
Qu'as-tu
doncdɔ̃k
?
Qu'est
ilil
arrivéaʁive
?
VINCENETTE
Calmekalm
teste
crainteskʁɛ̃t
.
Ilil
estɛst
sauvésove
!
MIREILLE
Sauvésove
,
quiki
doncdɔ̃k
?
Grandgʁɑ̃
Dieudjø
!
Jeʒə
trembletʁɑ̃bl
.
Le mauvais sort cette nuit les rassemble
VINCENETTE
Sursyʁ
le
cheminʃmɛ̃
dudy
VaI
d'Enfer
,
Ete
le
traîtretʁɛtʁ
Ourrias
,
ivreivʁ
de
follefɔl
rageʁaʒ
,
Le
frappefʁap
auo
frontfʁɔ̃
de
sonsɔ̃
tridenttʁidɑ̃
de
ferfɛʁ
!
MIREILLE
Cielsjɛl
!…
Ourrias
!…
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
VINCENETTE
Attendsatɑ̃
ete
prendspʁɑ̃
couragekuʁaʒ
!
Taven
m'a
fait
venirvəniʁ
Ete
m'a
ditdi
:
«
Ne
crainskʁɛ̃
rienʁjɛ̃
Sasa
blessureblesyʁ
estɛst
légèreleʒɛʁ
,
Ilil
dortdɔʁ
,
touttu
iraiʁa
bienbjɛ̃
avec anxiété
MIREILLE
Aha
!
parlepaʁl
encoreɑ̃kɔʁ
!
achèveaʃɛv
!
enɑ̃
tremblanttʁɑ̃blɑ̃
jeʒə
t'écoute
!
Tuty
ne
m'as
paspa
touttu
ditdi
!
tuty
me
trompestʁɔ̃p
sanssɑ̃
doutedut
De
peurpœʁ
de
m'affliger
!
Vincentvɛ̃.sɑ̃
m'attend
!
sasa
vievi
estɛst
enɑ̃
dangerdɑ̃ʒe
!
lui prenant doucement les mains
VINCENETTE
Nonnɔ̃
!
nonnɔ̃
!
que
tontɔ̃
cœurkœʁ
se
rassureʁasyʁ
!
Taven
guérirageʁiʁa
sasa
blessureblesyʁ
!
Ne
pleureplœʁ
plusply
,
ô
Mireillemi.ʁɛj
!
ete
crois-moi
:
Sisi
jeʒə
tremblaistʁɑ̃blɛ
pourpuʁ
luilɥi
,
serais-je
auprèsopʁɛ
de
toitwa
?
avec une exaltation croissante
MIREILLE
Ehe
bienbjɛ̃
,
c'est
aujourd'hui
que
l'église
desde
Saintessɛ̃t
Ouvreuvʁ
sasa
portepɔʁt
auxo
malheureuxmalœʁø
!
Dieudjø
mêmemɛm
dansdɑ̃
le
cielsjɛl
accueilleraakœjʁa
leurslœʁ
plaintesplɛ̃t
,
Ete
lesle
angesɑ̃ʒ
prierontpʁijəʁɔ̃
pourpuʁ
euxø
!
Femmesfam
,
vieillardsvjɛjaʁ
,
enfantsɑ̃fɑ̃
dudy
payspei
de
Provencepʁɔvɑ̃s
,
Lesle
piedspje
nusny
ete
lesle
yeux
enɑ̃
pleursplœʁ
,
Irontiʁɔ̃
porterpɔʁte
là-baslaba
leurlœʁ
humbleœ̃bl
redevanceʁədəvɑ̃s
De
fruitsfʁɥi
mûrsmyʁ
,
d'épis
ete
de
fleursflœʁ
!
Moimwa
,
jeʒə
veux
,
cettesɛt
foisfwa
,
arriveraʁive
lala
premièrepʁəmjɛʁ
Devantdəvɑ̃
le
porchepɔʁʃ
dudy
saintsɛ̃
lieuljø
;
Ete
,
dansdɑ̃
l'ombre
,
à
genouxʒənu
,
ete
,
le
frontfʁɔ̃
sursyʁ
lala
pierrepjɛʁ
,
Pourpuʁ
monmɔ̃
Vincentvɛ̃.sɑ̃
implorerɛ̃plɔʁe
Dieudjø
!
VINCENETTE
Vava
chèreʃɛʁ
sœursœʁ
,
chèreʃɛʁ
Mireillemi.ʁɛj
!
C'est
le
cielsjɛl
quiki
t'inspire
ete
que
Dieudjø
te
conseillekɔ̃sej
!
Moimwa
,
j'attends
là-baslaba
que
tontɔ̃
pèrepɛʁ
s'éveille
.
MIREILLE
Collierskɔlje
ete
braceletsbʁaslɛ
,
anneauxano
d'argent
ete
d'or
,
Rameauxʁamo
de
buisbɥi
bénitbeni
,
saintessɛ̃t
palmespalm
fleuriesflœ.ʁi
,
Toustu
mesme
pauvrespovʁ
bijouxbi.ʒu
,
touttu
monmɔ̃
petitpəti
trésortʁezɔʁ
,
J'en
fais
dondɔ̃
auxo
Saintessɛ̃t
Mariesmaʁi
!
s'agenouillant
MIREILLE
Ô
patronnespatʁɔn
desde
amoureuxamuʁø
!
les mains jointes et les yeux au ciel
VINCENETTE
Ô
refugesʁəfyʒ
desde
malheureuxmalœʁø
!
MIREILLE
Saintessɛ̃t
martyresmaʁ.tiʁ
!
VINCENETTE
Saintessɛ̃t
femmesfam
!
MIREILLE
Dontdɔ̃
le
regardʁəgaʁ
litli
dansdɑ̃
nosno
âmesam
!
Ete
guérirgeʁiʁ
toutestut
nosno
douleursdulœʁ
!
VINCENETTE
Ainsiɛ̃si
qu'à
Dieudjø
mêmemɛm
À
vousvu
j'ai
recoursʁəkuʁ
!
MIREILLE
Protégezpʁɔteʒe
lesle
joursʒuʁ
De
celuisəlɥi
que
j'aime
!
se relevant
MIREILLE
Ilil
estɛst
tempstɑ̃
de
partirpaʁtiʁ
!…
allonsalɔ̃
,
n'hésitons
paspa
.
Qu'un
bonbɔ̃
angeɑ̃ʒ
guidegid
nosno
paspa
!
Se tournant vers la chambre de son père
MIREILLE
Dieudjø
me
pardonnerapaʁdɔnəʁa
Pardonnez-moi
,
monmɔ̃
pèrepɛʁ
!
Adieuadjø
!…
j'aime
!…
jeʒə
croiskʁwa
!…
j'espère
!
Elles sortent.
DEUXIÈME TABLEAU
Le Désert de la Crau.
Vaste étendue de terrain pierreux et aride, éclairé par un soleil ardent. Sur le premier plan, quelques arbres tordus par le vent. À droite, une vieille cisterne en ruine à demi enfouie sous les herbes. Le silence n'est interrompu que par le chant monotone des cigales ou le cri aigu de quelque oiseau de proie traversant l'air.
Mireille entre en courant, très pâle, les cheveux au vent et le corsage dénoué.
MIREILLE
Voicivwasi
lala
vastevast
plaineplɛn
ete
le
désertdezɛʁ
de
feu
.
Dieudjø
bonbɔ̃
,
fais
que
Mireillemi.ʁɛj
accomplisseakɔ̃plis
sonsɔ̃
vœu
!
Enɑ̃
marchemaʁʃ
,
ainsiɛ̃si
que
Maguelonne
!
Lesle
ailesɛl
de
l'amour
ete
le
ventvɑ̃
de
lala
foifwa
,
Soussu
le
cielsjɛl
ardentaʁ.dɑ̃
quiki
rayonneʁɛjɔn
!
Jadisʒadis
l'emportaient
commekɔm
moimwa
!
Nini
de
lala
mermɛʁ
l'onde
écumanteekymɑ̃t
,
Nini
lesle
éclairseklɛʁ
,
nini
lala
tourmentetuʁmɑ̃t
,
Nini
lesle
traitstʁɛ
enflammésɑ̃flame
dudy
jourʒuʁ
,
N'ont
arrêtéaʁete
lala
pauvrepovʁ
amanteamɑ̃t
,
Lala
pèlerinepɛlʁin
de
l'amour
!
Elle fait quelques pas
MIREILLE
Mais
le
cielsjɛl
m'éblouit
!…
le
jourʒuʁ
m'aveugle
!
Elle s'arrête
MIREILLE
u
suis-je
?
Jeʒə
me
senssɑ̃s
prisepʁiz
de
vertigevɛʁtiʒ
!…
Tendnat les mains vers l'horizon
MIREILLE
Ete
là-baslaba
,
ô
prodigepʁɔdiʒ
!
Dansdɑ̃
l'azur
transparenttʁɑ̃spaʁɑ̃
desde
cieuxsjø
,
Quelkɛl
rêveʁɛv
de
terretɛʁ
promisepʁɔmiz
Touttu
à
coupku
surgitsyʁʒi
à
mesme
yeux
!
On voit au loin se dessiner dans le ciel, par un effet de mirage, une ville miraculeuse au bord d'un grand lac entouré d'arbres.
MIREILLE
Est-ce
Jérusalemʒeʁyzalɛm
ete
sasa
pieusepjøz
égliseegliz
,
Ouu
le
tombeautɔ̃bo
desde
Saintessɛ̃t
de
lala
mermɛʁ
?
L'image disparaît peu à peu et s'efface
MIREILLE
Mais
nonnɔ̃
!…
lala
visionvizjɔ̃
s'évanouit
dansdɑ̃
l'air
,
L'image
ailéeele
S'est
envoléeɑ̃vɔle
!
Elle s'élance en avant et s'affaisse tout à coup en poussant un cri de douleur et en portant ses mains à son front.
MIREILLE
Aha
!
de
sasa
flècheflɛʃ
d'or
le
soleilsɔlɛj
m'a
blesséeblɛse
!
Jeʒə
meursmœʁ
!…
adieuadjø
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
,
adieuadjø
!…
pleureplœʁ
tata
fiancéefijɑ̃se
!
Mireille tombe à terre évanouie, cependant qu'on entend au loin la musette du berger. Sur les dernières mesures, Mireille revient d'elle.
MIREILLE
Nonnɔ̃
,
nonnɔ̃
!
Jeʒə
ne
mourraimuʁːɛ
paspa
!
Jeʒə
ne
veux
paspa
mourirmuʁiʁ
!
marchonsmaʁʃɔ̃
encorɑ̃.kɔʁ
!
Enɑ̃
marchemaʁʃ
,
ainsiɛ̃si
que
Maguelonne
!
Lesle
ailesɛl
de
l'amour
ete
le
ventvɑ̃
de
lala
foifwa
,
Soussu
le
cielsjɛl
ardentaʁ.dɑ̃
quiki
rayonneʁɛjɔn
!
Jadisʒadis
l'emportaient
commekɔm
moimwa
!
Nini
de
lala
mermɛʁ
l'onde
écumanteekymɑ̃t
,
Nini
lesle
éclairseklɛʁ
,
nini
lala
tourmentetuʁmɑ̃t
,
Nini
lesle
traitstʁɛ
enflammésɑ̃flame
dudy
jourʒuʁ
,
N'ont
arrêtéaʁete
lala
pauvrepovʁ
amanteamɑ̃t
,
Lala
pèlerinepɛlʁin
de
l'amour
!
Enɑ̃
marchemaʁʃ
!…
Enɑ̃
marchemaʁʃ
!…
Enɑ̃
marchemaʁʃ
!…
Aha
!
Elle a disparu au loin en chantant la fin de cet air.
ACTE V
La Chapelle haute des Saintes-Maries.
On voit, au fond, la mer. Sur un des côtés, au premier plan, la chapelle, les saintes reliques, ex-votos etc.
SCÈNE 1
La Procession (Matche Religieuse)
LE CHŒUR
Ô
vousvu
quiki
dudy
hautʼo
desde
cieuxsjø
Voyezvwaje
lesle
pleursplœʁ
de
nosno
yeux
,
Écoutezekute
nosno
prièrespʁijɛʁ
,
Saintessɛ̃t
dudy
paradispaʁadi
!
Guérissezgeʁise
nosno
vieuxvjø
pèrespɛʁ
,
Ete
protégezpʁɔteʒe
nosno
filsfis
!
Pendant le chœur, les fidèles traversent la scène. Vincent est entré, cherchant Mireille dans la foule, qui est déjà sortie.
SCÈNE 2
seul
VINCENT
Monmɔ̃
cœurkœʁ
estɛst
pleinplɛ̃
d
unœ̃
noirnwaʁ
soucisusi
!
Quiki
l
arrêteaʁet
?
Pourquoipuʁkwa
n
estɛst
elleɛl
paspa
iciisi
?
Angesɑ̃ʒ
dudy
paradispaʁadi
,
couvrezkuvʁe
lala
de
votrevɔtʁ
aileɛl
!
Dansdɑ̃
lesle
airsɛʁ
étendezetɑ̃de
votrevɔtʁ
manteaumɑ̃to
sursyʁ
elleɛl
!
Ete
toitwa
,
brûlantbʁylɑ̃
soleilsɔlɛj
d
étéete
,
Fais
grâcegʁas
à
sasa
jeunesseʒœnɛs
,
épargneepaʁɲ
sasa
beautébote
!
Jeʒə
l
aiɛ
vuevy
à
traverstʁavɛʁ
monmɔ̃
rêveʁɛv
,
Dansdɑ̃
lala
landelɑ̃d
auxo
soufflessufl
de
feu
,
Accourantakuʁɑ̃
seulesœl
versvɛʁ
lala
grèvegʁɛv
,
Pâlepal
ete
le
frontfʁɔ̃
courbékuʁbe
,
soussu
l
éclatekla
dudy
cielsjɛl
bleublø
,
Invoquantɛ̃vɔkɑ̃
lesle
Saintessɛ̃t
ete
Dieudjø
!
Angesɑ̃ʒ
dudy
paradispaʁadi
,
couvrezkuvʁe
lala
de
votrevɔtʁ
aileɛl
!
Dansdɑ̃
lesle
airsɛʁ
étendezetɑ̃de
votrevɔtʁ
manteaumɑ̃to
sursyʁ
elleɛl
!
Ete
toitwa
,
brûlantbʁylɑ̃
soleilsɔlɛj
d
étéete
,
Fais
grâcegʁas
à
sasa
jeunesseʒœnɛs
,
épargneepaʁɲ
sasa
beautébote
!
Mireille paraît. Elle est pâle et chancelante. Ses mains cherchent un appui, ses regards s'arrêtent sur Vincent sans le reconnaître.
SCÈNE 3
poussant un cri et s'élançant vers Mireille
VINCENT
Aha
!
lala
voicivwasi
!
c
estɛst
elleɛl
!…
MIREILLE
Toitwa
!
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
amiami
fidèlefidɛl
!
C
estɛst
toitwa
quiki
m
attendaisatɑ̃dɛ
!
jeʒə
te
revoisʁəvwa
!…
Elle se laisse tomber dans les bras de Vincent.
MIREILLE
Aha
!
monmɔ̃
cœurkœʁ
renaîtʁə.nɛtʁ
à
tata
voixvwa
!
J
aiɛ
retrouvéʁətʁuve
touttu
monmɔ̃
couragekuʁaʒ
!…
VINCENT
Ne
te
souviens-tu
paspa
dudy
pieuxpjø
rendez-vousʁɑ̃devu
?
Sisi
jamaisʒamɛ
le
malheurmalœʁ
vientvjɛ̃
frapperfʁape
l
unœ̃
de
nousnu
,
auxo
Saintessɛ̃t
toustu
lesle
deux
:
auxo
Saintessɛ̃t
à
genouxʒənu
!
relevant la tête avec effort
MIREILLE
Ouiwi
!
ouiwi
!…
VINCENT
Quellekɛl
pâleurpalœʁ
sursyʁ
tontɔ̃
visagevizaʒ
!…
Quky
as-tu
doncdɔ̃k
?
souriant avec effort
MIREILLE
Rienʁjɛ̃
.
Rienʁjɛ̃
.
De
sesse
traitstʁɛ
de
feu
Le
soleilsɔlɛj
m
a
blesséeblɛse
auo
frontfʁɔ̃
;
mais
,
grâcegʁas
à
Dieudjø
!
Soussu
teste
baisersbɛze
monmɔ̃
malmal
s
apaiseapɛz
;
Soussu
teste
regardsʁəgaʁ
monmɔ̃
cœurkœʁ
tressailletʁe.sa.jiʁ
d
aiseɛz
!
On entend le chant des orgues dans l'église accompagnant le cantique entonné par les fidèles.
dans l'église
LE CHŒUR
Le
voilevwal
enfinɑ̃fɛ̃
s
estɛst
déchirédeʃiʁe
!
Le
noirnwaʁ
tombeautɔ̃bo
soudainsudɛ̃
s
estɛst
éclairéeklɛʁe
!
Voicivwasi
le
trésortʁezɔʁ
sacrésakʁe
!…
Gloireglwaʁ
auxo
Saintessɛ̃t
Mariesmaʁi
!
Unœ̃
angeɑ̃ʒ
descenddesɑ̃
dudy
cielsjɛl
bleublø
;
Unœ̃
douxdu
parfumpaʁfœ̃
embaumeɑ̃bom
le
saintsɛ̃
lieuljø
:
Unœ̃
crikʁi
d
amouramuʁ
montemɔ̃t
versvɛʁ
Dieudjø
!
Gloireglwaʁ
auxo
Saintessɛ̃t
Mariesmaʁi
!
avec égarement
MIREILLE
Écouteekut
!
c
estɛst
pourpuʁ
nousnu
quky
ilsil
prientpʁi
!
Mireillemi.ʁɛj
ete
Vincentvɛ̃.sɑ̃
se
marientmaʁi
!
Le
cielsjɛl
a
bénibeni
leurslœʁ
amoursamuʁ
!…
VINCENT
Que
dit-elle
?
MIREILLE
Aimons-nous
!
aimons-nous
toujourstuʒuʁ
!
Saintesɛ̃t
ivresseivʁɛs
!
divinedivin
extaseɛkstaz
!
Purpyʁ
transporttʁɑ̃spɔʁ
dontdɔ̃
monmɔ̃
cœurkœʁ
s
embraseɑ̃bʁaz
!
Rêveʁɛv
heureuxœʁø
!
douxdu
enchantementɑ̃ʃɑ̃tmɑ̃
!
Le
cielsjɛl
mêmemɛm
s
ouvreuvʁ
ete
s
enflammeɑ̃flam
!
Ete
dansdɑ̃
l
airɛʁ
ete
dansdɑ̃
monmɔ̃
âmeam
Touttu
estɛst
joieʒwa
ete
rayonnementʁɛjɔnmɑ̃
!
Mireille retombe épuisée dans les bras de Vincent
VINCENT
Grandgʁɑ̃
Dieudjø
!
accourant
VINCENETTE
Mireillemi.ʁɛj
!
Accourezakuʁe
!
SCÈNE 4
RAMON
Mireillemi.ʁɛj
!…
Monmɔ̃
enfantɑ̃fɑ̃
!
MIREILLE
Vousvu
pleurezplœʁe
,
vousvu
pleurezplœʁe
!…
RAMON
Dieudjø
!
quellekɛl
ardeuraʁdœʁ
étrangeetʁɑ̃ʒ
Enɑ̃
sesse
yeux
égarésegaʁe
!
Ne
meursmœʁ
paspa
,
chèreʃɛʁ
enfantɑ̃fɑ̃
,
ne
meursmœʁ
paspa
!…
Ete
pardonnepaʁdɔn
!
À Vincent
RAMON
Toitwa
,
sauve-la
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!…
jeʒə
te
lala
donnedɔn
!
MIREILLE
Ilil
estɛst
troptʁo
tardtaʁ
!
Voyezvwaje
,
le
cielsjɛl
rayonneʁɛjɔn
,
Ete
lesle
Saintessɛ̃t
viennentvjɛ̃n
à
moimwa
Pourpuʁ
me
donnerdɔne
lala
mainmɛ̃
.
Jeʒə
lesle
voisvwa
!…
VINCENT
Aha
!
jeʒə
veux
lesle
suivresɥivʁ
avecavɛk
toitwa
!
et tout le monde
MIREILLE
Saintesɛ̃t
ivresseivʁɛs
!
divinedivin
extaseɛkstaz
!
Purpyʁ
transporttʁɑ̃spɔʁ
dontdɔ̃
monmɔ̃
cœurkœʁ
s
embraseɑ̃bʁaz
!
Rêveʁɛv
heureuxœʁø
!
douxdu
enchantementɑ̃ʃɑ̃tmɑ̃
!
Le
cielsjɛl
mêmemɛm
s
ouvreuvʁ
ete
s
enflammeɑ̃flam
!
Ete
dansdɑ̃
l
airɛʁ
ete
dansdɑ̃
monmɔ̃
âmeam
Touttu
estɛst
joieʒwa
ete
rayonnementʁɛjɔnmɑ̃
!
Avant la reprise de l'ensemble, les fidèles sont entrés peu à peu et entourent Mireille.
extasiée
MIREILLE
Voyezvwaje
!
Voyezvwaje
!
L
ondeɔ̃d
étincelleetɛ̃sɛl
!
Lala
mermɛʁ
estɛst
calmekalm
ete
le
cielsjɛl
bleublø
!
Adieuadjø
,
Vincentvɛ̃.sɑ̃
!
Adieuadjø
!
Elle meurt
VINCENT
Ô
Mortmɔʁ
!
Emporte-moi
dansdɑ̃
lala
tombetɔ̃b
avecavɛk
elleɛl
!
d'en haut
UNE VOIX
Ô
Mireillemi.ʁɛj
,
suis-nous
versvɛʁ
le
divindivɛ̃
séjourseʒuʁ
,
Viensvjɛ̃
goûtergute
dansdɑ̃
lesle
Cieuxsjø
lala
douceurdusœʁ
infinieɛ̃.fi.ni
,
Ete
lala
grâcegʁas
ineffableinefabl
,
ete
l
ivresseivʁɛs
béniebeni
De
l
éterneletɛʁnɛl
amouramuʁ
!…
TOUT LE MONDE
Sonsɔ̃
âmeam
a
prispʁi
sonsɔ̃
volvɔl
versvɛʁ
Dieudjø
!
Unœ̃
douxdu
parfumpaʁfœ̃
embaumeɑ̃bom
le
Saintsɛ̃
lieuljø
!
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