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Charpentier, Gustave · opera

Louise

Louise Charpentier, Gustave · opera
Charpentier, Gustave

Louise

Full Libretto
Source
ACTE PREMIER
debout sur la terrasse
JULIEN
O
coeurkœʁ
amiami
!
O
coeurkœʁ
promispʁɔmi
!
hélasʼelas
sisi
loinlwɛ̃
,
sisi
prèspʁɛ
!
Toitwa
!
monmɔ̃
idoleidɔl
,
mama
joieʒwa
,
monmɔ̃
regretʁəgʁɛ
!
Le
jourʒuʁ
s'envole
...
Aha
!
tata
parolepaʁɔl
va-t-elle
apprendreapʁɑ̃dʁ
à
monmɔ̃
amouramuʁ
que
tontɔ̃
coeurkœʁ
prendpʁɑ̃
plaisirpleziʁ
à
guettergete
monmɔ̃
bonjourbɔ̃ʒuʁ
?…
LOUISE
Vousvu
avezave
tardétaʁde
à
m'envoyer
votrevɔtʁ
bonjourbɔ̃ʒuʁ
quotidienkɔtidjɛ̃
;
jeʒə
ne
l'espérais
plusply
!...
Elle va écouter vers la porte d'entrée, puis
revient.
LOUISE
Jeʒə
vousvu
enɑ̃
remercieʁəmɛʁsi
ete
vousvu
envoieɑ̃vwa
le
mienmjɛ̃
dudy
fondfɔ̃
de
monmɔ̃
coeurkœʁ
!
Elle lui envoie un baiser.
JULIEN
Tuty
m'as
ditdi
dansdɑ̃
tata
dernièredɛʁnjɛʁ
lettrelɛtʁ
:
«
Prenezpʁəne
patiencepasjɑ̃s
,
l'heure
estɛst
prochainepʁɔʃɛn
;
écrivezekʁive
encoreɑ̃kɔʁ
à
monmɔ̃
pèrepɛʁ
;
s'il
refuseʁəfyz
irrévocablementiʁevɔkabləmɑ̃
,
jeʒə
prometspʁɔmɛ
de
fuirfɥiʁ
avecavɛk
vousvu
agitée, triste
LOUISE
Jeʒə
suissɥi
uneyn
follefɔl
de
vousvu
avoiravwaʁ
ditdi
celasəla
!
Que
puis-
jeʒə
fairefɛʁ
?
jeʒə
vousvu
aimeɛm
tanttɑ̃
ete
j'aime
tanttɑ̃
mesme
parentspaʁɑ̃
!
Sisi
jeʒə
lesle
écouteekut
,
c'est
lala
mortmɔʁ
de
monmɔ̃
coeurkœʁ
:
sisi
jeʒə
vousvu
suissɥi
,
Julienʒyljɛ̃
,
quelkɛl
chagrinʃagʁɛ̃
pourpuʁ
lesle
miensmjɛ̃
.
doucement
JULIEN
Âmeam
craintivekʁɛ̃tiv
,
ete
toujourstuʒuʁ
flottanteflɔtɑ̃t
...
Enɑ̃
songeantsɔ̃ʒɑ̃
troptʁo
à
leurlœʁ
bonheurbɔnœʁ
,
ne
fais-tu
paspa
notrenɔtʁ
malheurmalœʁ
!
avec coquetterie, ironique
LOUISE
Malheurmalœʁ
réparableʁepaʁabl
!
avec chaleur
JULIEN
Irréparableiʁepaʁabl
!
LOUISE
Légèreleʒɛʁ
déceptiondesɛpsjɔ̃
!
JULIEN
Infinieɛ̃.fi.ni
souffrancesufʁɑ̃s
LOUISE
Vousvu
m'oublierez
!
JULIEN
Aha
!
tais-toitɛʁ
!
teste
froidesfʁwad
railleriesʁajʁi
me
fontfɔ̃
troptʁo
de
peinepɛn
!
souriante sans presser
LOUISE
Onɔ̃
ne
peut
paspa
plaisenter
avecavɛk
vousvu
...
malicieuse
LOUISE
Vousvu
ne
seriezsəʁje
paspa
le
premierpʁəmje
à
perdrepɛʁdʁ
vitevit
lala
mémoirememwaʁ
...
mutine
LOUISE
puispɥi
,
vousvu
parlezpaʁle
d'amour
:
ete
semble-t-il
,
vousvu
m'adorez
;
avec pétulance
LOUISE
m'avez-vous
jamaisʒamɛ
ditdi
commentkɔmɑ̃
naquitna.ki
cettesɛt
tendressetɑ̃dʁɛs
?
coquette
LOUISE
serais-je
indiscrèteɛ̃.dis.kʁɛ
enɑ̃
vousvu
demandantdəmɑ̃dɑ̃
d'en
parlerpaʁle
maintenantmɛ̃tnɑ̃
?
Voyonsvwajɔ̃
,
racontezʁakɔ̃te
,
ete
dépêchez-vousdepɛʃevu
:
mamanmamɑ̃
vava
bientôtbjɛ̃to
rentrerʁɑ̃tʁe
.
étonné
JULIEN
Que
voulez-vous
dirediʁ
?
LOUISE
Contez-moi
commentkɔmɑ̃
vousvu
m'avez
aiméeɛme
?
avez-
vousvu
compriskɔ̃pʁi
?
souriant
JULIEN
Prêtezpʁɛte
l'oreille
:
Depuisdəpɥi
longtempslɔ̃tɑ̃
j'habitais
cettesɛt
chambreʃɑ̃bʁ
,
sanssɑ̃
me
douterdute
,
hélasʼelas
!
que
j'avais
pourpuʁ
voisinevwazin
uneyn
enfantɑ̃fɑ̃
auxo
grandsgʁɑ̃
yeux
,
uneyn
viergevjɛʁʒ
desde
cieuxsjø
,
que
desde
parentspaʁɑ̃
sévèressevɛʁ
gardaientgaʁdɛ
commekɔm
uneyn
prisonnièrepʁizɔnjɛʁ
.
LOUISE
Lala
recluseʁəklyz
attendaitatɑ̃dɛ
qu'un
beaubo
chevalierʃvalje
,
commekɔm
dansdɑ̃
lesle
livreslivʁ
,
vîntvɛ̃
enfinɑ̃fɛ̃
lala
délivrerdelivʁe
.
JULIEN
Commentkɔmɑ̃
l'aurai-je
apprisapʁi
?
Jeʒə
dissertaisdisɛʁtɛ
le
jourʒuʁ
dansdɑ̃
quelquekɛlkə
brasseriebʁasʁi
...
ete
lala
nuitnɥi
venuevəny
jeʒə
rimaisʁimɛ
desde
foliesfɔli
pourpuʁ
lala
lointainelwɛ̃tɛn
Ophélieɔ.fe.li
qu'évoquait
monmɔ̃
désirdeziʁ
;
tandistɑ̃di
que
la
,
prèspʁɛ
de
moimwa
,
sommeillaitsɔmɛjɛ
l'avenir
!
LOUISE
Lala
recluseʁəklyz
songeaitsɔ̃ʒɛ
auo
princepʁɛ̃s
Charmantʃaʁmɑ̃
quiki
réveillaʁevɛja
lala
Bellebɛl
auo
Coeurkœʁ
Dormantdɔʁmɑ̃
!
Commentkɔmɑ̃
aurait-elle
susy
que
sonsɔ̃
Chevalierʃvalje
habitaitabitɛ
auo
premierpʁəmje
soussu
le
cielsjɛl
,
ete
que
de
sasa
fenêtrefnɛtʁ
ilil
pouvaitpuvɛ
surprendresyʁpʁɑ̃dʁ
lesle
secretssəkʁɛ
de
...
monmɔ̃
coeurkœʁ
?
s'animant
JULIEN
Mais
unœ̃
soirswaʁ
,
dansdɑ̃
l'escalier
sombresɔ̃bʁ
,
u
jeʒə
dégringolaisdegʁɛ̃gɔlɛ
commekɔm
d'habitude
enɑ̃
chantantʃɑ̃tɑ̃
...
Louise va écouter à la porte, puis revient
JULIEN
Jeʒə
visvis
passerpase
prèspʁɛ
de
moimwa
,
ô
surprisesyʁpʁiz
!
deux
ombresɔ̃bʁ
inconnuesɛ̃.kɔ.ny
dontdɔ̃
lala
secondesəgɔ̃d
,
toutetut
jolieʒɔ.li
,
de
formefɔʁm
fêlefel
,
idéaleideal
,
dansdɑ̃
l'ombre
grisegʁiz
laissalɛsa
commekɔm
unœ̃
sillagesijaʒ
lumineuxlyminø
ete
parfumépaʁfyme
!
Le
lendemainlɑ̃dmɛ̃
,
c'était
le
jourʒuʁ
de
Pâquespak
;,
de
grandgʁɑ̃
matinmatɛ̃
jeʒə
guettaisgetɛ
votrevɔtʁ
fenêtrefnɛtʁ
...
Quellekɛl
musiquemyzik
diradiʁa
l'émerveillement
de
mesme
yeux
quandkɑ̃
tuty
vinsvɛ̃
à
paraîtrepaʁɛtʁ
,
dansdɑ̃
le
soleilsɔlɛj
,
souriantesuʁjɑ̃t
...
Uneyn
madonemadɔn
de
Vinci
ne
souritsuʁi
paspa
ainsiɛ̃si
,
nonnɔ̃
!
nonnɔ̃
!
ces
souriressuʁiʁ
mutinsmytɛ̃
ne
fleurissentflœ.ʁis
qu'à
Parispaʁi
!
Jeʒə
regardaiʁəgaʁdɛ
longuementlɔ̃gmɑ̃
ete
monmɔ̃
destindɛstɛ̃
m'apparut
,
liélje
pourpuʁ
jamaisʒamɛ
à
tontɔ̃
imageimaʒ
...
Touttu
autourotuʁ
de
moimwa
s'agitait
lala
Villevil
immenseimɑ̃s
!
touttu
fêtaitfɛtɛ
l'heureux
jourʒuʁ
!
touttu
clamaitklamɛ
:
Espéranceɛspeʁɑ̃s
!
Ete
monmɔ̃
coeurkœʁ
chantaitʃɑ̃tɛ
lesle
matinesmatin
d'amour
!
La porte d'entrée s'ouvre, la mère paraît. Elle
reste sur le seuil, près de la porte refermée,
écoute, puis s'avance vers la fenêtre.
SCÈNE II
Louise, La Mère, Julien
avec plus de gaîté
LOUISE
Moimwa
jeʒə
vousvu
avaisavɛ
remarquéʁəmaʁke
bienbjɛ̃
avantavɑ̃
ce
jour-
la
!
Vousvu
souvient-il
qu'une
foisfwa
,
à
lala
fêtefɛt
de
Montmartremɔ̃.maʁtʁ
,
vousvu
nousnu
avezave
suiviessɥivi
?
JULIEN
S'il
men
souvientsuvjɛ̃
...
vousvu
m'avez
sourisuʁi
,
ete
vousvu
vousvu
retourniezʁətuʁnje
sisi
fréquemmentfʁekamɑ̃
que
votrevɔtʁ
mèremɛʁ
pritpʁi
lala
mouchemuʃ
ete
vousvu
fitfi
uneyn
scènesɛn
...
l'entêtée
jalouseʒaluz
!
animée
LOUISE
Uneyn
autreotʁ
foisfwa
,
dansdɑ̃
lala
courkuʁ
,
tandistɑ̃di
que
jeʒə
puisaispɥizɛ
de
l'eau
,
de
votrevɔtʁ
fenêtrefnɛtʁ
gracieuse
LOUISE
vousvu
m'avez
jetéʒəte
desde
pétalespetal
de
rosesʁoz
...
j'en
étaisetɛ
commekɔm
couvertekuvɛʁt
,
extasiée
LOUISE
ete
jeʒə
restaisʁɛstɛ
toutetut
étourdieetuʁdi
,
toutetut
ravieʁavi
...
JULIEN
Mais
votrevɔtʁ
mèremɛʁ
de
sasa
fenêtrefnɛtʁ
nousnu
guettaitgetɛ
...
LOUISE
Soussu
l'avalanche
parfuméepaʁfyme
,
monmɔ̃
coeurkœʁ
battaitbatɛ
à
se
briserbʁize
...
JULIEN
Notrenɔtʁ
ennemieɛn.mi
,
furieusefyʁjøz
,
vousvu
rappelaʁapəla
!
LOUISE
Ete
le
douxdu
songesɔ̃ʒ
s'envola
!
...
triomphant
JULIEN
Mais
l'Amour
veillaitvɛjɛ
ete
dansdɑ̃
l'ombre
apprêtaitapʁetɛ
d'inespérées
,
de
chastesʃast
fiançaillesfijɑ̃saj
.
Orɔʁ
,
unœ̃
soirswaʁ
que
jeʒə
passaispasɛ
devantdəvɑ̃
votrevɔtʁ
portepɔʁt
....
à part
LA MÈRE
Que
vais-je
apprendreapʁɑ̃dʁ
?
mystérieusement
JULIEN
Jeʒə
lala
visvis
s'ouvrir
lentementlɑ̃tmɑ̃
,
dramatique
JULIEN
uneyn
formefɔʁm
blancheblɑ̃ʃ
se
dressadʁesa
ete
s'élança
versvɛʁ
moimwa
...
c'était
toitwa
!
avec ravissement
JULIEN
c'était
Louiselwiz
!
avec ferveur
LOUISE
Elleɛl
venaitvənɛ
te
dirediʁ
:
décidée
LOUISE
l'aveu
que
mesme
parentspaʁɑ̃
ontɔ̃
tentétɑ̃te
d'étouffer
,
jeʒə
viensvjɛ̃
le
proclamerpʁɔklame
!
à part, ricanant
LA MÈRE
Aha
!
aha
!
aha
!
trèstʁɛ
bienbjɛ̃
!
JULIEN
Aha
!
lesle
doucesdus
fiançaillesfijɑ̃saj
!...
LOUISE
Nousnu
ne
pouvionspuvjɔ̃
paspa
nousnu
parlerpaʁle
....
JULIEN
Mesme
yeux
cherchaientʃɛʁʃɛ
enɑ̃
vainvɛ̃
teste
yeux
....
LOUISElwiz
ete
JULIENʒyljɛ̃
Nosno
deux
coeurskœʁ
,
l'un
prèspʁɛ
de
l'autre
,
follementfɔlmɑ̃
bondissaientbɔ̃disɛ
!...
de
lala
maisonmɛzɔ̃
endormieɑ̃dɔʁmi
le
soufflesufl
grondaitgʁɔ̃dɛ
...
ete
lala
nuitnɥi
nousnu
berçaitbɛʁsɛ
.
Les deux amants restent pensifs un moment;
puis Louise veut aller à la porte, elle se retourne
et voit sa mère.
apercevant sa mère
LOUISE
Aha
!
La mère la saisit par le bras, la pousse dans
la cuisine, et revient près de la fenêtre.
écoute, inquiet
JULIEN
Ehe
bienbjɛ̃
!
vousvu
ne
ditesdit
plusply
rienʁjɛ̃
,
chèreʃɛʁ
Louiselwiz
?
mimique furieuse de la mère
JULIEN
De
grâcegʁas
,
répondezʁepɔ̃de
avantavɑ̃
que
votrevɔtʁ
geôlièreʒoljɛʁ
viennevjɛn
nousnu
surprendresyʁpʁɑ̃dʁ
...
se montrant à Julien
LA MÈRE
Allez-vous
bientôtbjɛ̃to
vousvu
tairetɛʁ
?
u
faut-il
que
j'aille
vousvu
tirertiʁe
lesle
oreillesɔʁɛj
!...
Stupeur de Julien. La mère écoute s'il chante
encore, puis entre dans la chambre voisine;
Louise sort de la cuisine et va vers la fenêtre.
Julien reparaît sur le balcon: il montre à Louise la
lettre qu'il doit envoyer aux parents, puis il
disparaît. Louise, craintive, regagne la
cuisine.
à la cantonade
JULIEN
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
la_la
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
la mère reparait
JULIEN
lala
lala
lala
lala
lala
lala
il rit bruyamment
JULIEN
aha
!
aha
!
aha
!
aha
!
aha
!
La mère ferme la fenêtre et guette un
moment derrière le rideau.
SCÈNE III
Louise, La Mère
Louise, tremblante, sort de la cuisine; pour se
donner une contenance elle range, sur le buffet,
les provisions apportées par la mère; celle-ci
s'avance vers elle.
ricanant, imitant Julien
LA MÈRE
«
C'était
monmɔ̃
adoréeadɔʁe
Elle s'avance toujours. Louise, pour l'éviter,
tourne autour de la table.
LA MÈRE
«
Mama
doucedus
fiancéefijɑ̃se
!
Lala
fidèlefidɛl
promisepʁɔmiz
!
Mama
Louiselwiz
La mère, féroce, prend les mains de Louise et
la regarde dans les yeux avec reproche.
LA MÈRE
«
Nousnu
ne
pouvionspuvjɔ̃
paspa
nousnu
parlerpaʁle
!
Mesme
yeux
cherchaientʃɛʁʃɛ
enɑ̃
vainvɛ̃
teste
yeux
!
Nosno
coeurskœʁ
bondissaientbɔ̃disɛ
!
L'ombre
frémissaitfʁemisɛ
!
Ete
touttu
le
mondemɔ̃d
dormaitdɔʁmɛ
Louise s'échappe; sa mère lui montre le
poing. - exaspérée
LA MÈRE
Aha
!
malheureusemalœʁøz
enfantɑ̃fɑ̃
!
Sisi
tontɔ̃
pèrepɛʁ
l'apprenait
!
S'il
vousvu
avaitavɛ
surprissyʁpʁi
!
Heinʼɛ̃
!
s'il
vousvu
avaitavɛ
surprissyʁpʁi
!
disdi
!
Louise baisse la tête et se cache le
visage.
LA MÈRE
Luilɥi
quiki
te
croitkʁwa
sisi
naïvenaiv
,
sisi
sagesaʒ
...
s'il
connaissaitkɔnɛsɛ
tata
conduitekɔ̃dɥit
,
ilil
enɑ̃
mourraitmuʁːɛ
!
suppliante
LOUISE
Pourquoipuʁkwa
ne
voulez-vous
paspa
nousnu
mariermaʁje
?
geste de la mère: «Jamais!'»
LOUISE
Pourquoipuʁkwa
m'obligez-vous
à
me
cacherkaʃe
?
Qu'avez-
vousvu
,
vraimentvʁɛmɑ̃
,
à
luilɥi
reprocherʁəpʁɔʃe
?
Sesse
manièresmanjɛʁ
d'artiste
,
sasa
gaîtégɛte
,
sonsɔ̃
métiermetje
de
poètepɔɛt
!
LA MÈRE
Unœ̃
chenapanʃənapɑ̃
!
unœ̃
crève-faim
!
unœ̃
débauchédeboʃe
sanssɑ̃
vergognevɛʁgɔɲ
!
LOUISE
Luilɥi
!
sisi
bonbɔ̃
,
sisi
courageuxkuʁaʒø
!
LA MÈRE
Unœ̃
pilierpilje
de
cabaretkabaʁɛ
!
LOUISE
S'il
avaitavɛ
uneyn
femmefam
,
ilil
n'irait
paspa
auo
cabaretkabaʁɛ
...
LA MÈRE
Uneyn
femmefam
!
aha
!
aha
!
aha
!
uneyn
femmefam
!
aha
!
aha
!
ce
ne
sontsɔ̃
paspa
lesle
femmesfam
quiki
luilɥi
manquentmɑ̃k
!
LOUISE
Aha
!
jeʒə
t'en
priepʁi
...
sisi
tuty
croiskʁwa
m'en
détacherdetaʃe
,
tuty
trompestʁɔ̃p
,
carkaʁ
teste
attaquesatak
me
le
fontfɔ̃
chérirʃeʁiʁ
davantagedavɑ̃taʒ
!
s'exaltant
LOUISE
Tuty
peux
nousnu
empêcherɑ̃pɛʃe
d'être
heureuxœʁø
,
jamaisʒamɛ
,
jamaisʒamɛ
tuty
ne
briserasbʁizəʁa
notrenɔtʁ
amouramuʁ
!
LA MÈRE
Aha
!
quelkɛl
aplombaplɔ̃
!
Auo
lieuljø
de
baisserbɛse
lala
têtetɛt
,
tuty
osesoz
te
vantervɑ̃te
de
tontɔ̃
amantamɑ̃
!
LOUISE
Monmɔ̃
amantamɑ̃
!
ilil
ne
l'est
paspa
encoreɑ̃kɔʁ
...
mais
onɔ̃
diraitdiʁɛ
vraimentvʁɛmɑ̃
que
vousvu
voulezvule
silence
LOUISE
qu'il
le
deviennedəvjɛn
?
Elle s'élance sur Louise qui l'évite en tournant
autour de la table.
exaspérée
LA MÈRE
Petitepətit
malheureusemalœʁøz
!
tuty
nousnu
menacesmənas
!
_Ah
!
prendspʁɑ̃
gardegaʁd
que
jeʒə
n'explique
touttu
à
tontɔ̃
pèrepɛʁ
...
Elles entendent des pas dans l'escalier;
craintives, elles se taisent, tendent l'oreille,
écoutent…
peureuse
LOUISE
Le
voicivwasi
...
La porte s'ouvre, la mère court à la
cuisine.
SCÈNE IV
Louise, La Mère, Le Père
Le père entre; il tient une lettre à la main; la
mère va vite à la cuisine; Louise, troublée,
débarrasse la table pour le repas du soir.
LE PÈRE
Bonsoirbɔ̃swaʁ
...
il accroche sa casquette à un
portmanteau
LE PÈRE
Lala
soupesup
estɛst
prêtepʁɛt
?
criant de la cuisine
LA MÈRE
Ouiwi
,
de
suitesɥit
!
Le père s'assied près du poële. Louise tisonne
le feu; puis, voyant la lettre, elle s'éloigne et va
vers le placard. Le père regarde la lettre, la
décachète, et la lit. Louise revient lentement
portant les assiettes et les verres qu'elle range
silencieusement sur la table; puis elle va chercher
les couverts. Le père pose la lettre sur la table et
regarde sa fille. Louise, avec embarras, place les
couverts. Le père lui tend les bras; ils
s'embrassent. Louise épie si sa mère les voit et
rend son baiser au père; longtemps, ils se
regardent._Le père se lève, approche sa chaise
de la table et s'assied.
La mère rentre, portant la soupe: le père sert la soupe. Ils mangent la
soupe.
Tous trois demeurent silencieux, immobiles,
songeurs, les parents regardant Louise qui
détourne les yeux embarrassée.
s'essuyant la bouche
LE PÈRE
Aha
!
quellekɛl
journéeʒuʁne
!
LOUISE
Tuty
esɛ
fatiguéfatige
?
La mère se lève, va porter les assiettes et la
soupière dans la cuisine.
LE PÈRE
Jeʒə
senssɑ̃s
que
jeʒə
ne
suissɥi
plusply
jeuneʒœn
ete
lesle
journéesʒuʁne
sontsɔ̃
longueslɔ̃g
!
LOUISE
Pauvrepovʁ
pèrepɛʁ
,
tuty
ne
te
reposerasʁəpozəʁa
doncdɔ̃k
jamaisʒamɛ
?
avec bonhomie
LE PÈRE
Ete
quiki
feraitfəʁɛ
bouillirbujiʁ
lala
marmitemaʁmit
sisi
jeʒə
quittaiskitɛ
l'outil
?
La mère revient avec le ragôut. Le père sert
le ragoût.
LA MÈRE
Depuisdəpɥi
trentetʁɑ̃t
ansɑ̃
que
tuty
téchines
,
tuty
auraisɔʁɛ
bienbjɛ̃
méritémeʁite
unœ̃
peu
de
reposʁəpo
!
regardant du côté de la chambre de Julien,
avec colère
LA MÈRE
Quandkɑ̃
onɔ̃
pensepɑ̃s
qu'il
y
a
tanttɑ̃
de
fainéantsfeneɑ̃
quiki
passentpas
leurlœʁ
vievi
à
fairefɛʁ
lala
fêtefɛt
!
avec rondeur
LE PÈRE
Ilsil
ontɔ̃
lala
chanceʃɑ̃s
d'être
venusvəny
auo
mondemɔ̃d
riant
LE PÈRE
aprèsapʁɛ
leurslœʁ
pèrespɛʁ
!
rageuse
LA MÈRE
Tuty
trouvestʁuv
que
c'est
justeʒyst
?
elle frappe sur la table
LA MÈRE
Moimwa
,
jeʒə
disdi
que
touttu
le
mondemɔ̃d
devraitdəvʁɛ
travaillertʁavaje
!
LE PÈRE
L'Égalité
,
lesle
grandsgʁɑ̃
motsmo
!
l'impossible
!
sisi
onɔ̃
avaitavɛ
le
droitdʁwa
de
choisirʃwaziʁ
,
onɔ̃
choisiraitʃwaziʁɛ
le
métiermetje
le
moinsmwɛ̃
fatigantfatigɑ̃
...
railleuse, regardant sa fille
LA MÈRE
C'est
vraivʁɛ
,
touttu
le
mondemɔ̃d
voudraitvudʁɛ
êtreɛtʁ
artisteaʁtist
!
riant
LE PÈRE
Ete
onɔ̃
ne
trouveraittʁuvəʁɛ
plusply
personnepɛʁsɔn
pourpuʁ
fairefɛʁ
lesle
grosgʁo
ouvragesuvʁaʒ
!
bonhomme
LE PÈRE
Y
a
longtempslɔ̃tɑ̃
que
j'en
aiɛ
prispʁi
monmɔ̃
partipaʁti
!...
Quandkɑ̃
onɔ̃
n'a
paspa
de
rentesʁɑ̃t
,
ilil
fautfo
se
contenterkɔ̃tɑ̃te
d'en
gagnergaɲe
pourpuʁ
lesle
autresotʁ
...
avec amertume
LE PÈRE
chacunʃakœ̃
sonsɔ̃
lotlo
dansdɑ̃
lala
bellebɛl
vievi
!
LA MÈRE
Tuty
esɛ
bienbjɛ̃
résignéʁeziɲe
aujourd'hui
:
lesle
rentesʁɑ̃t
ne
seraientsəʁɛ
paspa
à
dédaignerdedeɲe
.
LE PÈRE
Ceux
quiki
enɑ̃
ontɔ̃
sont-ils
plusply
heureuxœʁø
?
Le
bonheurbɔnœʁ
,
vois-tuvwa.ty
,
c'est
d'être
commekɔm
nousnu
sommessɔm
,
nousnu
aimantɛmɑ̃
bienbjɛ̃
!
nousnu
portantpɔʁtɑ̃
bienbjɛ̃
!
Ce
bonheur-là
,
nulnyl
ne
peut
nousnu
le
prendrepʁɑ̃dʁ
.
La mère se lève et dessert.
à Louise, tendrement
LE PÈRE
Le
bonheurbɔnœʁ
,
c'est
le
foyerfwaje
u
l'on
se
reposeʁəpoz
...
u
onɔ̃
oublieubli
,
prèspʁɛ
de
ceux
qu'on
aimeɛm
,
lesle
malechances
de
lala
vievi
!...
Il attire sa fille à lui et l'embrasse. Louise le
contemple avec amour.
avec rancune
LE PÈRE
Ceux
quiki
ontɔ̃
desde
rentesʁɑ̃t
aujourd'hui
n'en
aurontɔʁɔ̃
peut-êtrepøtɛtʁ
plusply
demaindəmɛ̃
...
Il se lève. Il esquisse un geste de menace.
débordant de gaieté
LE PÈRE
Nousnu
,
toujourstuʒuʁ
,
nousnu
seronssəʁɔ̃
heureuxœʁø
!
Rayonnant, il embrasse sa fille, saisit par la
taille la mère qui revient de la cuisine et lui faire
faire quelques tours de valse lourde. La mère se
dégage.
riant
LA MÈRE
Assezase
!
Vas-tu
finirfiniʁ
!
grandgʁɑ̃
foufu
!
riant
LE PÈRE
Aha
!
aha
!
aha
!
aha
!
aha
!
jeʒə
suissɥi
heureuxœʁø
!
Il cherche sa pipe, la bourre, s'assied près du
feu et prend un tison, puis il tire béatement de
nombreuses bouffées.
à Louise, durement
LA MÈRE
Vas-tu
me
laisserlɛse
fairefɛʁ
toutetut
lala
besognebəzɔɲ
!
Allonsalɔ̃
,
remue-toi
!
La mère débarasse la table, prépare la lampe
et l'allume. Louise essuie la table; elle aperçoit la
lettre de Julien que le père avait posée près de
son assiette; elle y met un baiser furtif, puis
s'avance vers son père et la lui donne.
à Louise
LE PÈRE
Aha
!
mercimɛʁsi
...
Il regarde malignement sa fille. Louise
s'éloigne et va à la cuisine porter la desserte. La
mère apporte une lampe allumée qu'elle pose sur
la table. Le père, assis près du feu, relit la lettre.
Louise l'épie de la cuisine; elle voit avec crainte
sa mère s'approcher de lui.
au père
LA MÈRE
Uneyn
lettrelɛtʁ
?
simplement
LE PÈRE
Ouiwi
,
uneyn
lettrelɛtʁ
dudy
voisinvwazɛ̃
...
LA MÈRE
Uneyn
autreotʁ
lettrelɛtʁ
?
LE PÈRE
Ilil
renouvelleʁənuvɛl
sasa
demandedəmɑ̃d
...
LA MÈRE
Quelkɛl
toupettupɛ
!
aprèsapʁɛ
ce
quiki
s'est
passépase
...
LE PÈRE
Que
veux-tu
dirediʁ
?
embarrassée
LA MÈRE
Aprèsapʁɛ
...
notrenɔtʁ
premierpʁəmje
refusʁəfy
...
avec bienveillance
LE PÈRE
Monmɔ̃
Dieudjø
!
sasa
lettrelɛtʁ
estɛst
gentilleʒɑ̃tij
...
il montre Louise qui s'avance, très émue
LE PÈRE
Ilil
semblesɑ̃bl
l'aimer
,
ilil
n'est
paspa
détestédetɛste
de
Louiselwiz
...
Louise se jette dans les bras de son père
dont la colère éclate
LA MÈRE
C'est
troptʁo
fortfɔʁ
!
ilil
enɑ̃
a
de
l'aplomb
!
à la mère
LE PÈRE
Allonsalɔ̃
!
allonsalɔ̃
!
ce
n'est
paspa
lala
peinepɛn
de
se
mettremɛtʁ
enɑ̃
colèrekɔlɛʁ
...
tuty
tournestuʁn
touttu
auo
tragiquetʁaʒik
!
ilil
seraitsəʁɛ
plusply
facilefasil
de
prendrepʁɑ̃dʁ
de
nouveauxnuvo
renseignementsʁɑ̃sɛɲəmɑ̃
...
savoirsavwaʁ
s'il
estɛst
devenudəvəny
plusply
sérieuxseʁjø
...
plus grave
LE PÈRE
Nousnu
ne
sommessɔm
paspa
forcésfɔʁse
de
luilɥi
donnerdɔne
Louiselwiz
dès
demaindəmɛ̃
ete
ilil
ne
vava
paspa
nousnu
l'enlever
,
jeʒə
supposesypoz
?...
La mère réfrène une forte envie de raconter
au père les incidents de la journée. Louise
tremble qu'elle ne parle.
LE PÈRE
Sisi
lesle
renseignementsʁɑ̃sɛɲəmɑ̃
ne
suffisentsy.fiʁ
paspa
,
ehe
bienbjɛ̃
!
onɔ̃
l'invitera
;
lorsquelɔʁskə
jeʒə
l'aurai
vuvy
,
jeʒə
...
interrompant, outrée
LA MÈRE
Luilɥi
!
iciisi
!
parpaʁ
exempleɛgzɑ̃pl
!
s'il
entreɑ̃tʁ
iciisi
,
moimwa
,
j'en
sortiraisɔʁtiʁɛ
!
conciliant
LE PÈRE
Allonsalɔ̃
!
allonsalɔ̃
!
LA MÈRE
Tuty
voudraisvudʁɛ
m'obliger
à
recevoirʁəsəvwaʁ
iciisi
ce
vaurienvoʁjɛ̃
quiki
me
ritʁi
auo
nezne
quandkɑ̃
ilil
me
rencontreʁɑ̃kɔ̃tʁ
?
LE PÈRE
Desde
gamineriesgaminʁi
...
LA MÈRE
Ce
chenapanʃənapɑ̃
!
ce
débauchédeboʃe
!
ce
bohèmebɔɛm
!
ce
pilierpilje
de
cabaretkabaʁɛ
dontdɔ̃
l'existence
estɛst
le
scandaleskɑ̃dal
dudy
quartier-_et
jeʒə
ne
disdi
paspa
touttu
!...
carkaʁ
j'en
sais
sursyʁ
sonsɔ̃
comptekɔ̃t
,
d'une voix sifflante
LA MÈRE
desde
infamiesɛ̃fami
!
perdant la téte
LOUISE
Ce
n'est
paspa
vraivʁɛ
!
La mère lui donne une giffle. Le père
s'interpose, très ennuyé. Il éloigne la mère.
Louise tombe accablée sur une chaise, et
pleure...
Dans la cuisine, la mère remue ses
casseroles avec violence.
Le père revient vers sa fille et son visage exprime
l'amour et la pitié.
s'asseyant près de Louise
LE PÈRE
O
monmɔ̃
enfantɑ̃fɑ̃
,
mama
Louiselwiz
,
tuty
sais
combienkɔ̃bjɛ̃
nousnu
t'aimons
!
Sisi
nousnu
sommessɔm
prudentspʁydɑ̃
vis-à-visvizavi
de
ceux
quiki
te
remarquentʁəmaʁk
,
c'est
qu'arrivés
auo
boutbu
dudy
cheminʃmɛ̃
que
tuty
vasva
gravirgʁaviʁ
,
nousnu
enɑ̃
connaissonskɔnɛsɔ̃
toutestut
lesle
misèresmizɛʁ
!
il s'assied près de sa fille
LE PÈRE
À
tontɔ̃
âge
,
onɔ̃
voitvwa
touttu
beaubo
,
touttu
roseʁoz
!...
prendrepʁɑ̃dʁ
unœ̃
marimaʁi
,
c'est
choisirʃwaziʁ
uneyn
poupéepupe
geste étonné de Louise; souriant
LE PÈRE
ouiwi
,
uneyn
poupéepupe
!
Malheureusementmalœʁøzmɑ̃
,
ces
poupées-
la
,
mama
fillefij
,
vousvu
fontfɔ̃
parfoispaʁfwa
pleurerplœʁe
bienbjɛ̃
desde
larmeslaʁm
!
lève des yeux en pleurs, et tristement, mais
intéressée:
LOUISE
Ouiwi
,
quandkɑ̃
ellesɛl
sontsɔ̃
méchantesmeʃɑ̃t
...
mais
,
enɑ̃
lala
choisissantʃwazisɑ̃
bonnebɔn
,
gentilleʒɑ̃tij
,
aimanteɛmɑ̃t
...
La mère est allée en bougonnant dans la
cuisine, a allumé une bougie et s'est mise à
repasser.
LE PÈRE
Commentkɔmɑ̃
veux-tu
lala
choisirʃwaziʁ
,
petitepətit
fillefij
?
avec élan
LOUISE
Avecavɛk
monmɔ̃
coeurkœʁ
!
LE PÈRE
C'est
unœ̃
bienbjɛ̃
mauvaismovɛ
jugeʒyʒ
...
LOUISE
Pourquoipuʁkwa
doncdɔ̃k
?
LE PÈRE
Quiki
ditdi
amoureuxamuʁø
,
toujourstuʒuʁ
ditdi
:
aveugleavœgl
...
à part
LA MÈRE
S'il
veut
discuterdiskyte
avecavɛk
elleɛl
,
ilil
n'a
paspa
finifini
!..
Louise semble chercher une réponse. La mère
pose son fer sur la table très fort et regarde dans
la chambre.
plus hardiment
LOUISE
Mais
avantavɑ̃
d'aimer
,
avantavɑ̃
d'être
"
aveugleavœgl
",
ne
peut-on
découvrirdekuvʁiʁ
lesle
défautsdefo
de
celuisəlɥi
qu'on
aimeraɛməʁa
?..
LE PÈRE
Peut-êtrepøtɛtʁ
,
s'il
ne
vousvu
manquaitmɑ̃kɛ
uneyn
choseʃoz
...
LOUISE
Laquellelakɛl
?
LE PÈRE
L'expérience
!
moqueuse
LOUISE
Alorsalɔʁ
ceux
quiki
se
marientmaʁi
deux
foisfwa
sontsɔ̃
plusply
heureuxœʁø
lala
secondesəgɔ̃d
?
sérieux
LE PÈRE
Ne
plaisanteplɛzɑ̃t
paspa
,
Louiselwiz
!
s'il
estɛst
difficiledifisil
de
déchiffrerdeʃifʁe
lesle
coeurskœʁ
,
onɔ̃
peut
toujourstuʒuʁ
lireliʁ
dansdɑ̃
le
passépase
de
celuisəlɥi
qu'on
aimeɛm
,
ete
parpaʁ
la
pressentirpʁesɑ̃tiʁ
l'avenir
.
La mère approuve en posant de nouveau son
fer très fort sur la table.
LE PÈRE
Parpaʁ
exempleɛgzɑ̃pl
,
pourpuʁ
ce
jeuneʒœn
hommeɔm
,
lesle
renseignementsʁɑ̃sɛɲəmɑ̃
furentfyʁ
détestablesdetɛstabl
!
la mère hoche la tête
LE PÈRE
Tuty
faillisfaji
toi-mêmetwamɛm
enɑ̃
convenirkɔ̃vniʁ
.
la mère ponctue chaque mot d'un violent coup
de fer
LE PÈRE
Paresseuxpaʁɛsø
,
débauchédeboʃe
,
sanssɑ̃
ressourcesʁəsuʁs
,
sanssɑ̃
métiermetje
,
aprèsapʁɛ
touttu
,
c'était
unœ̃
tristetʁist
choixʃwa
pourpuʁ
uneyn
fillefij
commekɔm
toitwa
.
Aujourd'hui
,
ilil
renouvelleʁənuvɛl
sasa
demandedəmɑ̃d
:
a-t-ila.t‿il
changéʃɑ̃ʒe
?
Louise fait un signe affirmatif
LE PÈRE
Jeʒə
l'ignore
...
Qu'il
soitswa
dignediɲ
de
toitwa
,
c'est
le
désirdeziʁ
de
tontɔ̃
pèrepɛʁ
.
La mère qui s'impatiente chante un motif du
récit de Julien qu'elle a surpris tout à l'heure.
LA MÈRE
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
LE PÈRE
Crois-tu
qu'il
t'aime
?
LA MÈRE
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
LOUISE
Ouiwi
!
LE PÈRE
Ete
toitwa
,
crois-tu
l'aimer
?
Louise se cache la tête sur la poitrine de son
père.
à mi-voix
LA MÈRE
«
C'était
monmɔ̃
adoréeadɔʁe
…»
Louise relève la tête, anxieuse
LE PÈRE
Ilil
ne
t'a
jamaisʒamɛ
parlépaʁle
?
avec effort
LOUISE
Nonnɔ̃
!
Le père la regarde un peu méfiant.
à part, continuant d'imiter Julien
LA MÈRE
«
Nousnu
ne
pouvionspuvjɔ̃
paspa
nousnu
parlerpaʁle
!...
nousnu
ne
pouvionspuvjɔ̃
paspa
nousnu
r'garder
!...
nosno
coeurskœʁ
bondissaientbɔ̃disɛ
!..
l'ombre
frémissaitfʁemisɛ
!..
ete
touttu
le
mondemɔ̃d
dormaitdɔʁmɛ
!…»
Louise très troublée se détourne; le père lui
prend les mains et la regarde dans les yeux.
LE PÈRE
Louiselwiz
!
sisi
jeʒə
repousseʁəpus
sasa
demandedəmɑ̃d
,
me
promets-
tuty
de
l'oublier
?
Louise hésite, mais la mère, portant du linge,
traverse la chambre, s'arrête menaçante devant
elle et va dans la chambre voisine.
LE PÈRE
Promets-tu
d'obéir
,
enɑ̃
fillefij
sagesaʒ
,
à
notrenɔtʁ
volontévɔlɔ̃te
?
s'animant
LE PÈRE
Aha
!
sisi
tuty
devaisdəvɛ
unœ̃
jourʒuʁ
renierʁənje
mama
tendressetɑ̃dʁɛs
,
sachesaʃ
bienbjɛ̃
que
,
privépʁive
de
toitwa
,
jeʒə
ne
pourraispuʁɛ
vivrevivʁ
...
O
monmɔ̃
enfantɑ̃fɑ̃
,
mama
Louiselwiz
!...
émue
LOUISE
Pèrepɛʁ
,
toujourstuʒuʁ
jeʒə
vousvu
aimeraiɛməʁɛ
!
Le père la presse sur son coeur, elle éclate en
sanglots. Au loin la mère continue à chanter.
dans la chambre voisine
LA MÈRE
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
lala
relève Louise, souriant de pitié
LE PÈRE
Allonsalɔ̃
,
enfantɑ̃fɑ̃
,
sèchesɛʃ
teste
bellesbɛl
mirettesmiʁɛt
...
Ce
grosgʁo
chagrinʃagʁɛ̃
passerapasəʁa
...
ete
plusply
tardtaʁ
tuty
nousnu
remercierasʁəmɛʁsjəʁa
de
t'avoir
préservéepʁezɛʁve
dudy
malheurmalœʁ
...
Allonsalɔ̃
!
allonsalɔ̃
!
petitepətit
follefɔl
!
il prend un journal sur l'armoire; enjoué
LE PÈRE
Tienstjɛ̃
,
lis-moi
le
journalʒuʁnal
,
çasa
te
distrairadistʁɛʁa
ete
çasa
ménageramenaʒəʁa
mesme
pauvrespovʁ
yeux
...
veux-tu
?
La mère rentre et s'assied près de la table,
reprisant du linge.
avec effort
LOUISE
Ouiwi
...
À la pendule dix heures sonnent. Louise prend
le journal, va s'asseoir près de la lampe et
commence sa lecture d'une voix étranglée de
sanglots; le père la regarde avec une pitié
souriante.
lisant
LOUISE
«
Lala
saisonsɛzɔ̃
printanièrepʁɛ̃tanjɛʁ
estɛst
desde
plusply
brillantesbʁijɑ̃t
,
Parispaʁi
touttu
enɑ̃
fêtefɛt
…»
elle sanglote
LOUISE
Parispaʁi
!..
Le rideau tombe subitement lentement
pendant les dernier mots de Louise.
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